Savoir prendre sa place

enfant


Prendre sa place. Ecouter ses rêves. Avoir confiance en soi. Pas évident quand on a appris à rentrer dans le moule et se conformer aux décisions établies.


C’est l’histoire très banale de Tom

Tom est un garçon de 8 ans qui aimait jouer au foot. Il aimait tellement cela qu’il s’était inscrit dans un club. Il s’entrainait tous les mercredis et disputait les matchs le samedi.

Petit à petit il était devenu un très bon goal. Si bien que à chaque match son entraîneur le choisissait pour aller dans les cages. Il performait très bien et était aimé et apprécié de toute son équipe et même admiré par ses parents qui assistaient régulièrement aux matchs.

Pourtant il n’était pas aussi heureux qu’il aurait pensé l’être. Au fond de lui quelque chose ne collait pas. Un jour au cours d’un match alors qu’il voyait un de ses coéquipiers courir vers le but pour marquer, il senti son cœur se serrer, sa respiration se couper et une minuscule larme apparue au coin de ses yeux. Oui, le problème était là, devant ses yeux : son rêve à lui était de marquer des buts, pas d’être goal.

Il décida d’en parler au prochain entraînement et se reconcentra sur le match. Le mercredi suivant, il s’en ouvrit à son entraîneur qui lui assura qu’il était un très bon goal et que c’était sa place. Le soir, il en parla à ses parents qui confirmèrent la décision de l’entraîneur, car le coach a toujours raison, c’est lui qui décide et les enfants doivent apprendre à se conformer à ses choix, la vie est ainsi.

Alors le petit garçon mit son rêve de côté et s’appliqua à bien remplir le rôle qu’on lui avait donné, la place qu’on lui avait attribuée.

Ce récit est une fiction inventée à partir de faits réels racontés par une maman à la pause-café. A ce jour, je n’en connais pas l’issue. Il est possible que petit à petit, Tom oublie ses rêves et se concentre pour devenir un bon goal et faire plaisir à ses parents et son entraîneur. Il est possible aussi qu’il devienne un mauvais goal parce qu’inconsciemment ce soit la seule issue qu’il ait trouvée pour pouvoir marquer des buts.

Cette histoire semble anodine, et pourtant, elle m’a interpellée au point que j’ai souhaité vous la partager. En effet, elle vient mettre le doigt sur plusieurs points importants qui ont résonnés en moi. Je vous les partage dans les questions ci-dessous.


Et vous, en quoi cette histoire résonne-t-elle avec la VOTRE ?

A vous, en tant que petit garçon, ou petite fille, avez-vous fait le choix de vous conformer à la place que l’on vous a donné ? Vous appliquez-vous encore aujourd’hui à bien faire ce que l’on attend de vous ? Et si vous écoutiez vos rêves, à quoi ressemblerait votre vie ?

A vous, en tant que manager, laissez-vous de l’espace à vos collaborateurs pour exprimer leurs talents et leurs rêves ? Qu’est-ce qui serait possible si vous les laissiez prendre une place différente que celle que vous leur avez attribuée ?

A vous, en tant que parents, avez-vous conscience que parfois vos bonnes intentions éducatives génèrent des croyances limitantes durables qui freineront vos enfants dans leur vie adulte ? Dans cette histoire, il est possible que le petit garçon commence à croire que l’opinion des autres est plus importante que la sienne. Ou encore que les autres savent mieux que lui ce qui est bon pour lui. Ou en fin que ces rêves n’ont pas d’importance. En quoi est-ce que cette histoire va-t-elle changer votre rapport à l’éducation ?

Comme vous pouvez le voir cette histoire a résonné chez moi à plusieurs niveaux. J’aimerais beaucoup savoir en quoi elle résonne aussi avec histoire. N’hésitez pas à me le raconter dans les commentaires ci-dessous.

 

photo : Pixabay.com – Bess-Hamiti

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2 réflexions sur « Savoir prendre sa place »

  1. Bonjour,
    Comme cette histoire me parle ! En effet, je me suis toujours appliquée à faire ce que les autres voulaient : à l’école pour que mes parents soient contents, qu’ils n’aient pas de soucis, au travail, à la maison en tant qu’épouse et femme… Je pensais que c’est comme ça qu’on m’aimerai, que l’on serait fier de moi. Et puis petite, j’étais un garçon manqué et mes parents ont refusé que je fasse du foot. Au début, ils m’ont fait faire de la danse… Puis j’ai quand même pu faire du judo ! Ouf.
    Un jour, je devais avoir 14 ou 16 ans, et je suis allée chez le coiffeur juste après ma maman. Je demande à la coiffeuse qu’elle me coupe les cheveux plutôt courts. Elle me dit que non puisque ma mère lui a demandé juste avant de ne pas couper mes cheveux trop courts car sinon je ressemble à un garçon. J’ai eu tellement honte et j’étais tellement en colère ce jour là !
    Bon bref, je pourrais écrire des romans sur toutes ces situations où je n’ai pas su m’écouter, m’imposer, ou le besoin d’être aimé par l’autre en me conformant à son choix m’a empêché de m’aimer moi même.

    Tout ça pour dire qu’encore aujourd’hui il m’arrive de me conformer aux choix et aux demandes des autres, de renoncer à des envies et expériences, au détriment de mes besoins et valeurs car j’ai peur de faire du mal aux gens que j’aime… Mais est ce vraiment moi quand je fais ça ? Est ce que je révèle ma propore identité ?

  2. Hello,
    Cette histoire résonne fort en moi car tout au long de ma vie, j’ai souvent fait des choix pour faire plaisir aux gens que j’aime et qui m’aiment. Pourquoi? Pour les rassurer / ne pas les inquiéter, pour les satisfaire, pour leur convenir, pour consolider notre lien…. pour ne pas être rejetée certainement aussi. Des choix faits pour eux et en renonçant à moi, au point que ces actions m’ont amené à ne pas avoir une bonne connaissance de moi même et à ne pas être épanouie. Comme si je vivais à côté de mon âme.
    Le devt personnel que je pratique depuis 2015 avec régularité et rigueur, le burn out pro que j’ai vécu et qui m a transformé, ainsi qu’un bilan de compétences fait en 2018 m ont permis de me reconnecter à mon moi profond et de prendre conscience qu’il était temps que je prenne soin de mes besoins et de mes rêves. En identifiant mes besoins et les conditions propices à mon bien être, j’ai pu tendre vers mes aspirations, mieux me respecter et m affirmer pour oser prendre ma place en toute sécurité et sans culpabiliser. Être dans l’aimer faire. Être authentique et libre. Je me répète que l’avis des autres c’est la vie des autres, pas ma vie. Moi seule écrit le livre de ma vie.
    C’est une attitude à mettre en place au quotidien, ne pas donner l’opportunité à l’autre de renoncer à soi.
    Merci Astrid pour tes articles qui résonnent tous en moi et permettent d’exposer le burn out et ses effets avec transparence et compréhension.
    SoniA

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