burn out : hormones en cause

hormones burn out

Quelles sont les hormones du burn out ? Quelle réponse physiologique est mise en place par notre corps face au stress ? Pourquoi notre corps se détraque t’il quand le stress devient chronique ? Pour en savoir plus, lisez cet article écrit par Déborah Aranias, kinésithérapeute, auteure du blog https://mon-corps-au-quotidien.com/


LES 3 PHASES DE L’EPUISEMENT OU SYNDROME GENERAL D’ADAPTATION AU STRESS

Le stress est une réaction physiologique normale face à un danger. En 1935, le Dr Hans Selye a établi un modèle physiologique commun à tous, pour décrire cette réaction : le syndrome général d’adaptation au stress. Ce syndrome est définit par 3 phases ; l’alerte, la résistance et l’épuisement.

1- la phase d’alerte

Lorsqu’une menace physique ou psychique est perçue par notre cerveau, le corps se met en phase d’alerte afin de pouvoir faire face ou de s’adapter à cette situation.

2- la phase de résistance

Si cette menace se répète, que des évènements stressants s’accumulent et que nous n’arrivons pas à réagir ou à lâcher-prise, alors là, nous entrons en phase de résistance. La tension ne peut pas redescendre.

3- la phase d’épuisement

Et si cela continue encore et encore, le corps n’est plus capable de faire face, c’est la phase d’épuisement : le burn-out

les phases de l'épuisement

Mais comment cela se passe-t-il au niveau du cerveau ? Quelles hormones entrent en jeu ? Quel impact sur notre métabolisme ?


1- LES HORMONES DU BURN OUT PENDANT LA PHASE D’ALERTE

impact hormones stress

En phase d’alerte, pour faire face à la menace, l’organisme va mettre en jeu successivement :

  1. le système limbique (cerveau émotionnel)
  2. l’hypothalamus
  3. l’hypophyse
  4. les glandes surrénales (petites glandes situées juste au-dessus des reins)

· Adrénaline

Sécrétée par le cerveau et les surrénales, l’adrénaline est produite en réponse à un état de stress. Elle entraîne une accélération du rythme cardiaque, une augmentation de la pression artérielle, une dilatation des bronches ainsi que des pupilles. Ainsi, le corps est prêt à réagir !

· CRH

Hormone corticolibérine (ou CorticotropinReleasing Hormon) sécrétée par l’hypothalamus pour agir sur l’hypophyse.

· ACTH

Grâce à la CRH, l’hypohyse sécrète l’ACTH (AdénoCorticoTropin Hormon) qui circule dans le sang pour aller activer les surrénales et libérer notre fameux cortisol.

Le résultat de cette cascade d’activation des différentes glandes du cerveau est donc la sécrétion de cortisol par les glandes surrénales.


2- LES HORMONES DU BURN OUT PENDANT LA PHASE DE RESISTANCE

· Cortisol

Son but est de maintenir un niveau normal de glycémie dans le corps. Si je suis face à un lion je dois être capable de fuir rapidement (ou d’attaquer si je suis téméraire.. !). Mes capacités d’attaque ou de fuite doivent être optimales !

Mais voyons un peu plus précisément comment agit le cortisol. En effet, celui-ci joue de nombreux rôles dans ce syndrome général d’adaptation au stress.

  • effets métaboliques : le cortisol est hyperglycémiant, il booste la fabrication de glucose. Mais à long terme, il fait prendre du poids et installe peu à peu une insulino-résistance (la porte ouverte au diabète et aux maladies cardio-vasculaires) ;
  • sur le métabolisme des os : par son effet catabolisant, il empêche l’os de se constituer ;
  • rôle anti-inflammatoire : il inhibe l’inflammation et le système immunitaire, tu tombes malades plus facilement ;
  • rôle sur le système nerveux : il inhibe l’hypophyse, thyroïde et fertilité sont impactées ;
  • Rôle sur le système cardio-vasculaire : par son effet vasoconstricteur, il impacte l’équilibre sodium/potassium et donc le système cardio-vasculaire.

On dit donc du cortisol qu’il est catabolisant, il a tendance à détruire les tissus. Il brûle de l’énergie pour permettre à l’organisme de réagir.

Lisez cet article pour en savoir plus sur le cortisol et le stress

La phase d’alerte est passée mais le corps et/ou l’esprit se sent toujours menacé. Nous entrons alors en phase de résistance avec une hausse de la sécrétion de cortisol, une sécrétion de la DHEA

· DHEA

C’est l’hormone de jouvence ou de jeunesse. C’est quoi le rapport avec le stress ?? Avec le cortisol, la DHEA est médiateur pour les réponses au stress à court et à long terme. Ensemble, ces 2 hormones participent au maintien de l’homéostasie (des équilibres) par des ajustements physiologiques et comportementaux. La DHEA compense et s’oppose aux effets néfastes des élévations chroniques ou répétées du cortisol.

Comme le cortisol, elle est principalement fabriquée par les surrénales. Et dans une moindre mesure par le cerveau, le tube digestif et les glandes sexuelles.

Cette hormone augmente l’acuité intellectuelle et la vitalité. C’est grâce à elle que seront fabriquées la testostérone et les œstrogènes.

Elle agit directement sur les vaisseaux grâce à son effet vasodilatateur, elle renforce l’immunité, elle contrecarre les effets du cortisol et limite l’adrénaline et elle optimise la trophicité des neurones.

On dit que la DHEA est catabolisante, elle répare les tissus, s’opposant ainsi aux effets néfastes du cortisol.

· L’aldostérone

Encore une hormone dans cette symphonie magistrale : l’aldostérone. Elle est aussi fabriquée par les surrénales.

Sa principale fonction est de retenir le sodium et d‘excréter le potassium pour maintenir un équilibre intracellulaire. Elle favorise donc la rétention d’eau et augmente la tension artérielle.

Si les surrénales sont épuisées, cette hormone peut être déficitaire. Un manque d’aldostérone favorise une perte de sodium par les urines, une déshydratation extracellulaire et une hyperhydratation intracellulaire. L’excès de potassium qui en résulte accentue le sentiment de fatigue et de faiblesse musculaire et peut générer des palpitations. Il faut donc limiter les aliments riches en potassium durant ces périodes-là (bananes, pomme de terre, oléagineux et légulineuses).

· La mélatonine

La mélatonine est une neuro-hormone fabriquée à partir d’un seul acide aminé essentiel et non fabriqué par le corps humain, le tryptophane. Le tryptophane doit donc être apporté par l’alimentation.

Elle est fabriquée par l’épiphyse, en l’absence de lumière. Cette hormone régule notre cycle jour-nuit et est indispensable au sommeil. Son pic de sécrétion a lieu la nuit, vers 2h du matin, quand le cortisol est au plus bas, pour ensuite redescendre vers 4 ou 5h. Sa production diminue progressivement avec l’âge.

Donc si votre cortisol est trop élevé, il y a compétition ! Puisque le cortisol est là pour te maintenir éveillé et que la mélatonine est là pour t’assurer un sommeil profond et réparateur.

· Les autres hormones

L’adrénaline prépare le corps à répondre au stress par l’accélération des rythmes cardiaque et respiratoire, et l’augmentation de la pression artérielle.

La vasopressine ou hormone anti-diurétique, régule les fonctions urinaires et la pression sanguine. Son rôle est important dans la gestion de l’anxiété.


3- LES HORMONES DU BURN OUT EN PHASE DE STRESS CHRONIQUE

Dans la 1ère phase de stress, ce sont surtout les catécholamines (adrénaline, noradrénaline et dopamine) qui sont activées. En cas de stress chronique, le cortisol prend le relais puis la sérotonine.

· La sérotonine

La sérotonine est fabriquée à partir du tryptophane, comme la mélatonine. Sa fonction première est d’inhiber l‘action. On l’appelle hormone du bonheur. Elle favorise l’évitement de la punition, régule la douleur, l’humeur, l’anxiété, mais aussi la satiété, en particulier pour les aliments glucidiques (pains, pâtes, sucreries, sodas…).

Il y a une communication à double sens entre le cerveau et nos intestins, au niveau sanguin, nerveux, hormonal et immunitaire.

Tout est une question d’équilibre. Ce qui fait la balance, c’est l’équilibre subtil entre toutes ces hormones

Lorsque les stocks de sérotonine s’effondrent, nous nous retrouvons sans ressource face au stress qui perdure. L’anxiété augmente.

Puis, quand les glandes surrénales s’épuisent à leur tour et ne peuvent plus fabriquer suffisamment de cortisol, le burn out survient.

Alors qu’en phase de résistance, le taux de cortisol est trop élevé, il est au contraire effondré en phase d’épuisement. Nous ne sommes plus capables de subir ce stress. C’est le burn out à proprement parler.


CONCLUSION

Face au stress, le corps met en place une réponse physiologique qui met en œuvre une multitude d’hormones. Celles-ci nous permettent de préparer notre corps à répondre face au danger perçu. Ces hormones ont certains effet collatéraux sur nos organes qui expliquent les différents troubles perçus lors d’un stress. C’est lorsque celui-ci devient chronique (dure dans le temps), que des dérèglements hormonaux surviennent et génèrent les troubles physiologiques liés au burn out.

Des ressources pour se faire du bien et éviter le stress :

Vous avez des questions ? Vous pouvez les poser à Déborah dans le rubrique commentaires. Cet article vous a plu ? N’hésitez pas à nous le dire et à la faire suivre à ceux que cela pourrait intéresser.

sources :

crédit photo : Pixabay : fernandozhiminaicela / dessins : Déborah Aranias

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18 réflexions sur « burn out : hormones en cause »

  1. Merci Astrid pour ton article qui est très éclairant. J’ai vécu un burnout l’année dernière et je ne l’avais jamais regardé par cette lentille médicale. On cherche toujours à comprendre ce qui nous arrive et tu m’as permis d’avoir un autre regard sur cette phase de mon chemin de vie.

    Eric

  2. Merci Astrid et Déborah, je ne connaissais pas du tout cet aspect du burn out!
    Les femmes et les hommes sont ils concernés de la même façon par ces phénomènes hormonaux?

  3. Et bien je crois que c’est la première fois que l’on place cet “ingrédient” (si j’ose dire) dans le processus d’explications. Je trouve cela très étonnant car le burn-out n’est pas un petit “accident de vie”. Je pense que cet article (comme ce blog) peut en apprendre beaucoup à pas mal de gens qui traversent ce trou d’air dans leur vie. Merci beaucoup Astrid !

  4. Chaque fois que je lis l’un de vos articles, j’ai l’impression de revivre les étapes de mon burn out.
    Encore bravo pour ce que vous apportez par ce blog.
    La phase d’alerte est la plus importante pour ne pas basculer …. Ecouter votre corps, il vous envoie des signaux fort !

  5. Bonjour, et merci pour tous ces éclaircissements. Pour le moment, je dirais que je suis en “surmenage”,et donc en phase de résistance, vu que j’ai un problème de thyroïde. Je ferai attention maintenant à toutes ces alertes. Je ne pensais pas que les aliments aient une incidence sur le stress, et surtout pas les oléagineux !

  6. Merci pour cet article qui apporte une perspective différente – et scientifique – sur le burn out.
    J’ai personnellement vécu un burn out parental. Je n’avais pas fais le lien entre les hormones et l’état d’épuisement dans lequel j’étais. Merci pour cette mise en lumière apportée par l’auteure!!
    Et merci pour ce blog!!
    Hérade

    • Oui tout à fait! La dépression est aussi liée à un dérèglement hormonal. On constate par exemple un niveau anormalement haut de cortisol

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