L’art thérapie pour remonter la pente du burn out

art therapie

En quoi l’art thérapie est-elle un outil efficace pour remonter la pente du burn out ? Dans cet article, Yolaine, nous raconte sa rencontre avec l’art thérapie et les bienfaits qu’elle tire de cette pratique. Pour en savoir plus, lisez cet article.

Yolaine, qui déjà témoigné sur ce blog sous pseudonyme de Gladys est aujourd’hui art thérapeute. Elle a découvert cette pratique alors qu’elle était dans le cercle vicieux de l’épuisement. Voici son témoignage :


COMMENT J’AI ETE APPELEE PAR L’ART-THERAPIE PENDANT LE CERCLE VICIEUX DU BURN OUT

J’ai connu un burn out sévère, que j’ai nié. Je l’ai décrit dans ce témoignage “les conséquences d’un burn out non diagnostiqué” sous l’identité de Gladys. C’était en 2015/2016. Mais c’est un peu avant cela que j’ai découvert l’art thérapie.

Je veux apprendre à parler homme

Dès 2014, j’avais senti que la marmite commençait à chauffer. J’avais donc commencé un coaching. Quand je me suis assise sur le fauteuil, la première fois, j’ai donné comme objectif à ma coach : « Je veux comprendre l’entreprise et apprendre à parler homme.” J’avais découvert que j’étais payée 20% de moins que mes homologues car j’étais entrée par la petite porte. J’ai réclamé et on m’a répondu que j’étais trop émotive. Alors, je voulais apprendre à parler comme un homme.

Il m’était nécessaire de m’ouvrir à autre chose, quitte à changer de voie

Au bout de quelques séances, il était manifeste que mon insatisfaction dépassait la question salariale. Tout en constatant que j’étais passionnée par mon métier de juriste en cabinet d’expertise comptable et commissariat aux comptes, il m’était nécessaire de m’ouvrir sur autre chose, quitte à éventuellement changer de voie.

Qu’est-ce que je veux pour moi ?

Ce jour-là, je suis arrivée dans le cabinet de ma coach, mal à l’aise. J’avais comme objectif de réfléchir à la question : « Qu’est-ce que je veux pour moi ? ». Mais j’en avais été incapable.

Je me suis assise dans le fauteuil. La discussion a débuté. Ma coach s’est levée pour aller chercher un support à son bureau tout en me posant la question fatidique : « Alors Yolaine, avez-vous réfléchi à ce qui serait bon pour vous ? ».

Je veux faire de la thérapie par le dessin

Je savais qu’elle me poserait la question et je savais que je ne savais pas. Pourtant, en ne voyant plus son regard puisqu’elle s’était levée, j’ai répondu du tac-au-tac : « Oui, je veux faire de la thérapie par le dessin ».

Elle s’est exclamé que c’était une excellente idée… et moi, moi, j’ouvrais de grands yeux. J’ai même posé ma main sur mon larynx, incrédule devant ma propre réponse. Incrédule d’avoir même répondu une chose à laquelle je n’avais jamais pensé. J’ai même soulevé le haut de mon T-Shirt pour voir en dessous s’il y avait eu supercherie ! Mais non, j’avais bien répondu, moi, Yolaine, juriste en droit social en cabinet comptable : « Je veux faire de la thérapie par le dessin ».

Une part très profonde de moi avait pris la parole. Une part infiniment sage qui m’a envoyée exactement à ce dont j’avais besoin.

Avant de parler du bienfait émotionnel que le dessin m’a apporté, je voudrais évoquer la libération neuronale que l’art-thérapie a rendu possible.


L’ART THERAPIE POUR REDONNER DE LA PLACE AU CERVEAU DROIT FACE AU BURN OUT

La prise de conscience de mon haut potentiel

J’ai découvert en 2011, à 33 ans, que j’étais haut-potentiel : haut potentiel intellectuel, émotionnel et hypersensible au niveau de certains sens.

Lisez cet article pour en savoir plus sur le burn out et le haut potentiel

Cette reconnaissance m’a transformée mais je ne m’étais pas plus intéressée à mon fonctionnement. Je savais juste que je pouvais être très performante si je me bridais complètement mais dès que je me relâchais, pfuit, j’avais l’impression de faire un saut de côté et je ratais mon coup. J’ignorais comme ce ressenti était en réalité un véritable phénomène physiologique.

J’avais une imagination débordante que je canalisais au maximum. Avec mon métier de juriste auditrice dans un cabinet d’expertise comptable et d’audit, mon quotidien rimait avec : rationalisation, procéduralisation, procédure, risk management, anticipation, prévision, normalisation, contrôle, chiffrage. Jusqu’au jour où ma fille me challenge et que je décide d’écrire un roman, c’était en 2011, là encore…

En me formant à l’art-thérapie et en la pratiquant, j’ai découvert, plus tard, que nous avions deux cerveaux : un cerveau gauche et un cerveau droit, chacun fonctionnant différemment.

J’ai compris que mon métier exigeait une sur-sollicitation du cerveau gauche et un écrasement du cerveau droit.

Mon métier de juriste sur-sollicitait mon cerveau gauche et écrasait mon cerveau droit

En écrivant mon premier roman, j’avais permis à mon cerveau droit de respirer. Mais cet appel d’air en imposait un autre plus grand. C’est pourquoi j’avais répondu à ma coach : « Je veux faire de la thérapie par le dessin ». C’était mon Moi profond qui aspirait de toute ses forces à un rééquilibrage de la sollicitation de mes deux cerveaux.

Cette prise de conscience a été pour moi une véritable révélation, d’autant plus que j’ai découvert, par la même occasion qu’en réalité, je fonctionnais majoritairement avec mon cerveau droit… d’où la sensation de devoir constamment me brider et me canaliser.

Par la suite, quand j’ai exercé la profession d’art-thérapeute, je l’ai expliqué aux personnes qui s’interrogeaient à ce sujet (notamment aux enfants ou aux adultes dits « surdoués » ou réfractaires au système scolaire) par le biais d’une… analogie : l’histoire des deux écureuils qui se promènent dans l’arbre.

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L’histoire des deux écureuils qui se promènent dans un arbre

Imaginons que l’on doive répondre à une question. Sur le dessin, cela correspond à un cadeau en haut d’une branche.

  • Un des écureuils va arpenter de bas en haut puis de haut en bas chaque branche avant d’arriver à celle du cadeau. C’est le cerveau gauche, logique, chronologique, mathématique, répétitif etc… celui qui est stimulé par l’apprentissage scolaire.
  • L’autre va sauter de branche en branche jusqu’à trouver celle sur laquelle il apercevra ou sentira le cadeau. C’est le cerveau droit, analogique, artistique, philosophique etc… qui est sollicité par toutes les activités imaginatives.

Puis, avec humour, j’expliquais que parfois, l’écureuil se transformait en super Pokémon, qu’il prenait son élan et sautait tellement haut qu’il voyait directement la bonne branche. Cela correspondait à l’intuition.

Apprendre à fonctionner avec ces deux cerveaux grâce à l’art thérapie

L’idéal est de ne pas fonctionner plus avec l’un que l’autre et d’apprendre à utiliser les deux.

Aujourd’hui, j’ai appris à jouer avec mes deux écureuils, mes pensées ne tournent plus en rond, j’ai retrouvé le sommeil, je me sens épanouie dans mon cerveau. Ma perception du monde s’est enrichie et s’est parée de nombreux trésors.

Mais l’art-thérapie a un autre bienfait, celui de soigner l’émotion blessée. J’ai préféré le dessin et la peinture aux autres médias. C’est une préférence personnelle. D’autres personnes pendant la formation ont travaillé avec la musique ou la terre, l’argile et ont vécu les mêmes expériences de guérison.


L’ART-THERAPIE EVOLUTIVE POUR SOIGNER LES BLESSURES EMOTIONNELLES APRES UN BURN OUT

En septembre 2015, j’ai débuté parallèlement deux méthodes d’art-thérapie :

L’art-thérapie évolutive© a été un booster du cerveau droit. Cette méthode est fondée sur la quête du nouveau et de la créativité, par le biais d’une approche analogique du dessin (ou sculpture/ musique etc.) produit.

1- la feuille de dessin comme projection de soi

Tout d’abord, on dessine, librement. La feuille devient alors une projection de soi. On y dépose la douleur, la colère, la peur, la tristesse. Soit dans des dessins construits. Soit dans un geste exprimant l’émotion par des gribouillis, des aplats de couleurs. Parfois on se venge sur la feuille. On la froisse, on la tord, on la déchire, on la déchiquette, on la découpe dans une rage sadique.

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2- la recherche d’analogies dans le dessin pour comprendre ce qui se joue

Puis, on regarde le dessin en y cherchant des analogies, pour forcer l’inconscient à sortir de la machine à laver émotionnelle, et pour déterminer si cette émotion n’est pas provoquée par un schéma mental limitant.

Mes dessins révélaient une soumission au patriarcat puissante, une interdiction d’être femme dans toute sa féminité et non pas en adoptant le modèle masculin, un très important sentiment de culpabilité de ne pas être parfaite… au regard de l’homme, et un mental dévorant et oppressant. Ce qui est très ironique : le cerveau gauche correspond également au mental et au masculin, et mon métier le sursollicitait. Le cerveau droit correspond en revanche aux émotions et au féminin, et mon métier l’écrasait.

A la fin, on brûle le dessin.

3- réalisation du dessin de réparation

Enfin, on crée un dessin de réparation. Autant il est facile de projeter sur la feuille les émotions qui font mal. Autant j’ai pu me retrouver en pleurs et complètement bloquée à l’idée de colorier un cœur en rose clair en utilisant du pastel sec (poudre dont le toucher est presque crémeux) et ma main pour caresser ce cœur. L’identification à la souffrance peut être si forte que dessiner la guérison peut provoquer l’impression de se briser, de briser une carapace. Au final, on se libère mais l’acte de guérison peut être compliqué à gérer. Le dessin permet d’avancer en confiance, étape par étape et de prendre conscience du manque d’amour envers soi-même.

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LES LIEUX CLOD SELON ARNO STERN POUR SE REGARDER SANS JUGEMENT APRES UN BURN OUT

Avec les clos-lieux selon Arno Stern, la méthode est différente. Il n’y a ni regard, ni jugement sur le dessin. L’objectif de “jouer à peindre” et de laisser s’exprimer le geste. Cette méthode a été élaborée pour accompagner les enfants qui revenaient des camps de concentration à dépasser leur traumatisme.

Le but de cet accompagnement est de permettre à chacun de renouer avec les formes de la « formulation » et le mouvement intérieur (plus d’informations ici « Arno Stern : conférence hommage »).

Le clos-lieu étant… un clos lieu, je n’ai pas de photos de mes dessins qui y restent après les avoir peints.

Voici de que l’on y apprend :

  • Effleurer la feuille avec le pinceau, à calmer son geste, à soigner son trait, jouer avec les couleurs etc.
  • Se regarder sans jugement
  • Dépasser sa timidité, sa pudeur
  • Respecter les autres
  • Dépasser le cadre de la feuille et s’expandre parfois sur douze feuille (format A1)
  • Lâcher prise et à accepter ce qui sort.
  • Au final, on y apprend notre beauté.

L’animateur de l’atelier est un « servant ». Il est au service de ce que nous avons de plus enfoui en nous, de ce que nous cachons et que nous tentons de faire remonter à la surface par la peinture.


CONCLUSON

Au final, ces deux méthodes ont été complémentaires pour moi. La première m’a donné la possibilité d’affirmer ma volonté de guérir et de dépasser les blessures par l’amour de moi. La seconde m’a offert et m’offre encore le lieu et le temps de m’accorder de la douceur, de la compassion, de la lenteur et de… l’émerveillement.

À court terme, je voudrais reprendre possession de mon corps, laissé handicapé par le burn out, et entamer une thérapie d’expression corporelle.

Et vous avez-vous déjà eu recours à l’art-thérapie ? Avez-vous déjà utilisé le dessin, la danse, la musique pour remonter la pente du burn out ou d’une autre difficulté de vie ? Qu’en avez-vous retiré ?

Sinon, aimeriez-vous tester ?

Vous avez aimé ? N’hésitez pas à laisser un message, liker, partager de façon à ce que d’autres puissent découvrir ce blog et peut-être avancer un peu plus sur leur chemin.

Crédit photo : Pixabay : ivanovgood

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4 réflexions sur « L’art thérapie pour remonter la pente du burn out »

  1. J’aime bien l’approche de vivre le moment présent et d’être honnête et faire une visualisation du futur. J’ai une fascination avec le temps et son pouvoir sur nous. La visualisation a une puissance importante.

    C’est vraiment des bons conseils, même sans burn out. Ça explique peut-être pourquoi je suis une ingénieure et je ne peux pas vivre sans l’art. C’est peut-être ma thérapie continuelle pour me sentir mieux.

  2. Une nouvelle approche de l’après burn-out très intéressante. Je suis de plus en plus convaincu qu’il faut surtout trouver sa bonne “médecine”. L’art pour les uns, l’écriture aussi, le sport pour les autres… Pas facile de trouver son remède mais il en existe pour chacun. Merci Astrid pour cette belle rencontre avec “Gladys” et cette nouvelle piste.

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