
Vos capacités cognitives ne sont plus les mêmes depuis votre burn-out ? Avez-vous déjà eu l’impression que depuis votre épuisement, vous n’arrivez plus à vous concentrer ? Votre mémoire vous fait défaut ? Nadia Augusto neurobiologiste et naturothérapeute, spécialiste dans la récupération physique et mentale après un burn-out, vous explique comment retrouver vos capacités cognitives après un burn-out. Pour en savoir plus, lisez cet article.
Oui, le burn-out provoque une diminution des capacités cognitives. Réduction du temps de concentration, brouillard mental et mémoire défaillante sont autant de signes qui traduisent l’épuisement du cerveau.
De nombreuses personnes ont peur d’avoir des séquelles irrévocables sur leurs capacités mentales. Il est normal que les capacités cognitives diminuent temporairement après un burn-out. En revanche, cette situation ne doit pas s’installer durablement. Je vous dis comment faire dans cet article.
Pourquoi les capacités cognitives diminuent suite à un burn-out ?
L’état du cerveau lors d’un burn-out
Un burn-out est un épuisement total. Le cerveau est autant touché que le corps. On parle même d’épuisement cérébral ou cognitif.
En effet, le stress chronique prolongé, le manque de repos et la mauvaise hygiène de vie impactent fortement le cerveau sur la durée. Par exemple, il y a une réduction des nutriments essentiels (vitamines, minéraux, acides aminés, etc.) et aussi une inflammation chronique due au stress. Le cerveau ne recevant plus les ressources nécessaires à son fonctionnement, il va progressivement diminuer ses capacités. Il se met au « régime minimum » pour survivre.
Les signes d’un épuisement cognitif
Les premiers symptômes sont la baisse de la concentration et de la mémoire, deux fonctions cognitives qui consomment beaucoup d’énergie. Les signes les plus courants d’épuisement cognitif sont les suivants :
- baisse de la concentration
- oublis plus fréquents,
- erreurs « bêtes » dues à de l’inattention,
- légers maux de tête,
- difficulté à maintenir une clarté d’esprit ou à réfléchir à des sujets complexes.
Si l’épuisement cognitif perdure et que rien n’est fait pour récupérer, typiquement lors d’un burn-out, des signaux plus sévères apparaîtront :
- incapacité à se concentrer plus de 5 à 10 minutes,
- mémoire défaillante,
- troubles du langage,
- maux de tête très douloureux,
- acouphènes (bourdonnement dans les oreilles),
- vertiges,
- hypersensibilité au bruit et/ou à la lumière.
Chaque personne aura une combinaison de symptômes différents plus ou moins sévères.
Quelles sont les séquelles possibles sur le cerveau après un burnout ?
Le type de séquelles, et le fait qu’elles soient réversibles ou non, dépendra de plusieurs facteurs. Le premier élément est la sévérité du burn-out. Si la personne se met en repos (en arrêt maladie) lors de la phase de pré-burnout (ou burn-in), les conséquences seront moindres.
Dans la plupart des burn-out, les capacités cognitives se récupèrent totalement. Néanmoins, cela prendra du temps. En effet, si le cerveau se met au régime minimum, il n’attend que de recevoir les ressources suffisantes pour se relancer à plein régime !
De nombreuses personnes rapportent avoir des troubles cognitifs plusieurs années après leur burn-out, mais ils perdurent parce qu’elles n’ont rien fait de spécifique pour les récupérer. Les médicaments et le repos ne suffisent pas à retrouver ses capacités intellectuelles.
Enfin, dans les cas les plus sévères de burn-out, le cerveau a été trop abîmé. Les dommages causés aux neurones par le stress chronique, l’inflammation qui s’est installée et les carences nutritives vont finir par trop endommager les neurones. Cependant, ces cas-là restent rares.
Comment retrouver ses capacités cognitives après un burn-out ?
Il y a plusieurs conditions et étapes nécessaires pour retrouver entièrement ses capacités cognitives. Le repos et le soin du corps sont tout aussi importants, avant même de s’occuper du cerveau.
Le repos
La première étape est le repos total. Le repos fait partie intégrante de l’hygiène de vie et c’est l’état nécessaire à la récupération d’un burn-out. Le véritable repos signifie qu’il n’y a pas de stress. Il est donc important de supprimer, ou au moins de limiter, toutes les sources de stress. Cela favorisera la détente, améliorera le sommeil et signalera au corps qu’il peut enfin commencer à se réparer.
Après un burn-out, la phase de repos est longue. Elle dure au moins quelques mois, parfois jusqu’à 3 ans. Cependant, 3 ans n’est pas si long quand on a passé 20 ans à fonctionner en surrégime !
Le corps
Suite à un burn-out, le corps récupère avant le cerveau. En effet, c’est le corps qui envoie au cerveau ce dont il a besoin pour fonctionner. Si le corps a déjà des carences nutritives, le cerveau en aura encore plus. Ainsi, avant même de vouloir retrouver la concentration et la mémoire, il faut que le corps récupère son énergie.
Pour récupérer, il faut d’abord revenir aux fondamentaux avec l’hygiène de vie. Le sommeil peut être prépondérant, avec des nuits de plus de 10h et des siestes en journée. Cela est normal. Le corps et le cerveau ont besoin de plus de sommeil profond pour récupérer d’un burn-out.
L’alimentation participera aussi à la « reconstruction » de ce qui a été endommagé après un burn-out. Il faudra consommer suffisamment de protéines, réduire les sucres rapides, ajouter des aliments contenant des omega-3, comme les œufs avec le jaune cru ou les petits poissons gras (sardines, anchois, hareng…).
Des méthodes corporelles comme les massages ou la réflexologie plantaire aide à la relaxation du corps. Cette relaxation physique est essentielle aussi pour détendre le système nerveux, favoriser le sommeil et la récupération
Le cerveau
Après un burn-out, les capacités cognitives se récupèrent en dernier. C’est la dernière étape. Une fois que le corps est en pleine forme… Il arrive que le cerveau récupère par lui-même, sans besoin d’agir dessus.
Dans d’autres cas, le cerveau reste comme bloqué et au ralenti. Il a donc besoin d’un peu d’aide. Les compléments alimentaires viennent alors en soutien. Par exemple, du magnésium pour la relaxation nerveuse, le sommeil et la récupération de la fatigue. Les omega-3 sont utiles, quant à eux, pour la transmission de l’information nerveuse. De manière générale, les vitamines D, B6, B9 et B12 permettent aussi un meilleur fonctionnement cérébral. Les compléments sont à adapter aussi en fonction des pathologies associées (hypothyroïdie, syndrome de l’intestin irritable, etc.), afin d’avoir la meilleure efficacité.
Dans les cas les plus rares où il y a des séquelles, il faudra préserver tout le système nerveux (pas uniquement le cerveau, mais aussi la moelle épinière et les nerfs périphériques). Le stress (ou l’anxiété) doit être maintenu très bas, en s’aidant d’exercices de respiration et de relaxation. Une aide supplémentaire par la phytothérapie (la prise de plantes) aidera à maintenir ce stress relativement bas.
Conclusion
Retrouver ses capacités cognitives après un burn-out est un processus progressif qui demande de la patience. Si la concentration, la mémoire ou la clarté d’esprit semblent avoir disparu, cela ne signifie pas qu’elles sont perdues. Dans la grande majorité des cas, le cerveau est capable de récupérer, à condition de lui laisser le temps et de lui apporter les ressources dont il a besoin. Prendre soin de son corps, respecter les étapes de la récupération et accompagner le cerveau dans sa reconstruction sont les clés pour retrouver durablement ses capacités mentales.
Auteure : Nadia Augusto Neurobiologiste et neurothérapeute, spécialiste dans la récupération physique et mentale après un burn-out. https://neuronaturel.com
Vous aussi vous ressentez que depuis votre burn-out, votre cerveau est au ralenti ? –> racontez-nous votre expérience en commentaires.
Pour aller plus loin, je vous recommande les articles suivants :
- Perte de mémoire et de concentration du fait du burn-out : le témoignage d’Alex
- La gestion du stress grâce au yoga
- Gérer son énergie quand on est HPI : techniques et astuces pour ne pas finir épuisé
- Prendre soin de soi après un burn out avec la naturopathie
- burn out : hormones en cause
- Burn-out : Antidépresseurs, anxiolytiques en prendre ou pas ?
- La relaxologie pour remonter la pente du burn-out : témoignage de Laure
- Le sport après un burn out : 5 disciplines pour se remettre en forme en douceur
rédits photos : Pixabay : RosZie







0 commentaires