Le burn out, le brown out, le bore out et autres burns

Qu’est-ce que le bore out et le brown out ? Qu’est-ce que l’épuisement maternel, parental, ou le burn out amoureux ? Quels sont ces autres burns ? En quoi sont-ils différents ou proches du burn out (épuisement professionnel)?


LE BORE OUT, LE BROWN OUT, BURN OUT PARENTAL, MATERNEL ET SENTIMENTAL, QU’EST-CE QUE C’EST ?

Vous avez sans doute entendu parler des autres “burns” : le bore out, le brown out, le burn out parental, maternel, sentimental.

Les épuisements peuvent être de différentes nature. Le terme burn out ou épuisement professionnel est exclusivement réservé aux phénomènes liés au travail. C’est en tout cas, ce qu’a décrété l’OMS en mai dernier. Pourtant certains vivent un épuisement similaire dans d’autres domaines de vie. On parle de burn out parental ou maternel dans le cadre de la famille et de burn out sentimental ou amoureux pour le couple par exemple. De même l’ennui ou la perte de sens peuvent générer un épuisement, au même titre que la surcharge de travail. On parle alors de bore out et de brown out.


LE BORE OUT

la sous-charge comme source de stress du bore out

À l’inverse du burn out va concerner des personnes qui se retrouvent en sous charge de travail. Le burn out de l’ennui, littéralement en anglais (bore signifie ennui).

le besoin d’être utile au coeur du bore out

Pour se sentir épanoui, l’être humain à besoin de se sentir utile. L’ennui, le sentiment d’inutilité génère un stress qui devient chronique et peut engendrer une détresse psychologique. Une “mise au placard”, la réduction significative des tâches ou une exclusion de l’organigramme,  pouvant d’ailleurs être considérée comme un acte de harcèlement moral.

Je me rappelle Cindy* qui me disait : “Mais je suis dans un vrai placard vide”. Ou encore Maxime * : “Mais je m’ennuie à mourir, il n’y a pas de taf. Il faut que je trouve un autre job.”


LE BROWN OUT

le sens comme carburant

Le Brown out en revanche est le burn out lié à la perte de sens. Un brownout en anglais est une coupure d’électricité, une baisse de tension, une panne de courant.

Le sens de ce que nous faisons est notre carburant. Lorsque nous sommes alignés avec nos valeurs, nous nous sentons nourris, nous avons un sentiment d’accomplissement. Inversement lorsque ce que nous faisons n’a pas de sens, cela nous use à long-terme.

Les personnes ayant des valeurs fortes et aimant s’impliquer font partie de celles les plus à risque de vivre un burn out. Si vous vous investissez, il est important que l’effort que vous fournissez contribue à quelque chose de vraiment important pour vous. Si ce n’est pas le cas ou pire, si vous constatez que cela va à l’inverse de vos valeurs, vous usez vos réserves. Dépenser beaucoup d’énergie à quelque chose qui ne vous nourrit pas en retour est usant, même si vous êtes dans de bonnes conditions de travail.

le burn out et le brown out

Dans les personnes ayant vécu un burn out, on retrouve souvent cette dimension de la perte de sens. En effet, lorsqu’une charge de travail élevée est associée à une perte de sens, le cocktail est détonnant. La goutte d’eau faisant déborder le vase étant le moment où la personne réalise qu’elle a fait “tout ça pour ça”.

Parfois, sans même la surcharge de travail, la perte de sens est telle, qu’elle génère un épuisement. C’est le brown out.

Témoignage de Rénald* : « ce que je fais est absurde, cela n’a pas de sens. Pourtant je gagne bien, même très bien ma vie avec ce métier ».

Témoignage de Marie* : « Je suis très embêtée, parce que, sur le papier j’ai tout pour être heureuse. Je suis même passée manager. Mais dans le fond, cela ne change pas le vide que j’ai en moi.»

Témoignage de Pierre* : « Quand je suis avec des amis et que l’on parle boulot, j’élude le sujet, tellement je trouve ce que je fais sans intérêt. Je me dis que personne ne pourrait s’y intéresser ».

Extrait du témoignage d’Ellen (enseignante) : « J’ai choisi de (…) passer un Diplôme Universitaire à l’Université d’Angers en neurosciences et apprentissage. (…) Ces nouvelles connaissances me faisaient prendre conscience que le temps que nous avions en classe ne nous permettait pas de créer de bonnes conditions d’apprentissage, ni de prendre soin de la relation avec chaque élève. (…) Cela a créé un vrai conflit de valeurs. Je me suis retrouvée de nouveau épuisée. »

Pour lire l’intégralité du témoignage d’Ellen : Le burn out des enseignants


L’EPUISEMENT MATERNEL, PARENTAL ET SENTIMENTAL

l’épuisement parental

« Et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants », cette phrase si souvent entendue à la fin des contes de notre enfance vient parfois se heurter au monde réel. Comme dans le travail, quand nos attentes ne collent pas à la réalité, que nous nous échinons à toucher un but inatteignable, le cerveau chauffe et l’épuisement pointe le bout de son nez.

Lorsque les ressources personnelles deviennent insuffisantes pour répondre aux sollicitations des enfants et du conjoint : c’est l’épuisement.

Les symptômes sont proches de ceux burn out : une fatigue extrême, physique, psychologique et émotionnelle ; des symptômes physiques liés au stress ; une forme de dépersonnalisation avec une distanciation affective vis à vis des enfants.

Les parents épuisés remontent un sentiment de saturation, de perte de plaisir et de sens dans leur rôle parental. Un sentiment de honte et de culpabilité peut envahir le parent lorsqu’il se rend compte qu’il n’est plus à l’image du papa ou de la maman qu’il avait imaginé.

Le burn out professionnel a un impact sur la vie de famille. Les burnoutés, sont eux aussi en incapacité de s’occuper de ses enfants et peut devenir irritable vis à vis d’eux. La différence est la source de stress première : le travail ou la famille ? Une personne en épuisement parental peut trouver refuge dans le travail, comme pour “fuir” le milieu familial. L’idée d’être en arrêt de travail et de rester à la maison peut tenir plus du cauchemar que d’une issue.

Extrait du témoignage de Cathy : “Peu de temps après sa naissance, notre fils a rencontré des difficultés (…). Mon compagnon et moi même avons été dépassés tous les deux par les évènements et petit à petit, nous nous sommes sentis de plus en plus en difficulté. Au départ, je ne comprenais pas ce qui arrivait à mon bébé, j’étais inquiète, je cherchais des réponses auprès des médecins, que je n’obtenais pas toujours. C’était stressant. Il pleurait énormément. Il nous réveillait plusieurs fois la nuit, on s’épuisait tous les deux. On me renvoyait que si mon bébé pleurait, c’était surement parce que j’étais stressée, je lui transmettais mon stress. C’était très culpabilisant. Et je les ai cru. Mon compagnon, lui, avait le sentiment qu’il n’avait pas de vie en dehors de notre famille, il se sentait très frustré. Je pleurais ou me mettais en colère souvent. J’avais mal à la tête. Je dormais mal. Je ne me reconnaissais plus. Je m’en voulais aussi de ne pas être la mère que je rêvais d’être. Je ne me sentais pas à la hauteur en somme. Les conflits de couple ont été de plus en plus importants, on ne se comprenait plus. J’ai cru qu’on allait se séparer. Je ne prenais plus plaisir à être avec mes enfants, c’est comme si je n’avais plus d’émotions parfois : par exemple, mon bébé pleurait, je ne réagissais plus.”

Des ressources supplémentaires sur le blog sur le burn out parental :

l’épuisement sentimental

La relation de couple peut-elle aussi être le théâtre du burn out, comme le raconte Annabelle dans son témoignage sur le blog PartageTonBurnOut.fr. On parle alors d’épuisement sentimental.

Extrait du témoignage d’Annabelle : Je travaillais aux Pays Bas, alors que mon compagnon était en France. Je prenais souvent l’avion ou le train pour aller le voir, au moins un week-end sur deux. Je m’investissais beaucoup dans notre relation. Je voulais y croire. Mais ce n’était pas en phase avec ce que lui voulait vivre. Et un jour, le burn out a commencé. D’abord, j’ai commencé par ne plus pouvoir m’asseoir. J’ai fait quelques séances de kiné, d’ostéopathie, mais ça ne me faisait rien. Et en attendant je continuais sur le même rythme. Puis j’ai eu des palpitations assez fortes. J’étais de plus en plus fatiguée. Ensuite, j’ai décidé de revenir en France pour me rapprocher. Mais le décalage entre nos perceptions de la vie de couple et nos envies était toujours là. Mon compagnon ne se voyait pas s’installer dans une vie établie. A ce moment-là, les symptômes ont empiré. J’ai eu des troubles de la vue. Je ne voyais plus net. Et là, ça a été la prise de conscience qu’il fallait que cela cesse. (…). J’ai été voir mon médecin généraliste. Il a tout de suite identifié que j’étais en train de faire un burn out.

Pour lire l’intégralité du témoignage d’Annabelle, cliquez ici : le burn out amoureux


CONCLUSION

Et vous quel est la cause première de votre épuisement ? Est-ce le travail ou d’autres sphères de votre vie ? Si c’est bien le travail, est-ce la surcharge, le manque de sens ou la sous-charge de travail ?

Cette article vous parle ? Vous avez déjà vécu un bore out, brown out, épuisement parental ou sentimental ? Dîtes nous en plus dans les commentaires pour que d’autres puissent mieux comprendre à travers votre témoignage.

Vous avez aimé cet article ? Dîtes le nous dans les commentaires.

Crédit photo : Geralt

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16 réflexions sur « Le burn out, le brown out, le bore out et autres burns »

  1. Je connaissais ce mal (bore out) mais je ne savais pas qu’il avait un nom… Clairement, dans notre Société on ne parle quasiment que du burn-out, mais je pense que le bore-out est tout aussi fréquent. C’est bien de mettre des mots et rassurant de voir que les spécialistes l’identifient également comme un mal de notre époque. Merci pour cette découverte (tout comme celle du brown out d’ailleurs, qui m’était totalement inconnue).

  2. Bonjour, la cause première de mon épuisement est le fait de ne pas voir la finalité de ce que je fais dans mon travail. On me demande un tas de travail mais par contre les résultats ne sont pas tangibles ou observables. Et cela déboussole complètement de ne pas voir le concret de ce que l’on fait

    • Merci beaucoup Guillaume pour votre partage.
      Cela vous « déboussole », et quelles conséquences est ce que cela génère chez vous ? Du stress ? de la fatigue ? Des symptômes physiologiques ou psychologiques ?
      Cela aiderait les personnes à mieux comprendre les conséquences du brown out.

  3. Le burn-out peut être multifactoriel, et peut combiner tant un épuisement familial, qu’un manque de sens flagrant voir un ennui profond au boulot. La combinaison des deux, liée à une hypersensibilité est un cocktail détonant.

    Merci Astrid pour ces articles toujours pertinents.

  4. Pour ma part ce fut un peu de tout mais en même temps et cela a fait un cocktail explosif qui a changé ma vie. Au final je remercie mes burn-brown-etc… car sans eux je n’aurai pas trouvé une autre voie qui m’apporte beaucoup de joie et de sérénité. Tout n’a pas toujours du sens mais nous pouvons en tirer des leçons qui nous permettent de trouver du sens à notre vie.

    Merci pour cet article et à bientôt de lire les prochains.

  5. Merci Astrid, je ne connaissais pas le brown out ! J’imagine qu’il doit être assez fréquent vu le nombre de personnes qui changent de carrière, se réorientent, dans le but de trouver plus de sens à leur vie…

  6. Astrid, un article très intéressant. Pour ma part, j’ai vécu deux épisodes à plusieurs années d’intervalle. Le premier était un épuisement professionnel lié à la surcharge d’activité. Je cumulais mon poste, celui d’une collègue absente et le remplacement d’été d’une autre. J’ai alerté mes responsables sur mon incapacité à faire face mais ils ne savaient pas m’aider. Et un jour, je me suis retrouvée à pleurer sans pouvoir m’arrêter et surtout, sans savoir pourquoi. Il m’a fallu 3 mois pour remonter la pente. Le 2e épisode est plus récent. Après une période de déni de près d’un an, j’ai agi. Je luttais depuis plusieurs mois contre l’absence de sens dans mon poste. Une fois le constat fait, j’ai décidé de partir. Hors de question de renouveler l’expérience précédente. Ma santé avant tout même si le salaire était plus que confortable. Il faut savoir que cela peut arriver à tout le monde. Je conseille vraiment d’écouter son corps si on ne veut pas y laisser sa santé.

    • Merci beaucoup Sophie pour votre témoignage qui permet de bien comprendre comment la surcharge et le manque de sens peuvent mener à l épuisement

  7. Je connaissais le bore-out, le burn-out, mais pas le brown-out. Merci pour ces explications qui permettent une meilleure distinction.
    J’ai personnellement vécu un burn-out parental. Après 4 années difficiles, je me sens à nouveau en lien avec mes enfants, et j’ai appris à prendre soin de moi. Ma vie fais sens, mon avenir est plus lumineux.
    Bon courage à tous ceux qui sont dans cette situation!!

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