Interview de Cathy de Mon Burn Out Parental

burn out parental


Qu’est-ce que le burn out parental ou burn out maternel ? En quoi ce mécanisme est-il proche de celui du burn out professionnel ? Pour en savoir plus et lire le témoignage de Cathy sur son burn out parental, lisez cet article.

L’OMS a classé le burn out comme “phénomène lié au travail” et indique qu’il “ne doit pas être utilisé pour décrire des expériences dans d’autres domaines de la vie”. Pourtant, chaque année, des milliers de parents se retrouvent épuisés (cf enquête de l’université de Louvain). Vous le verrez dans cette interview, le mécanisme est proche de celui du burn out professionnel, sauf que l’on ne peut pas être en arrêt de travail.

Cathy est blogueuse, comme moi. Nous faisons la même formation pour apprendre à animer un blog et nous n’habitons qu’à quelques kilomètres l’une de l’autre. Le hasard fait parfois bien les choses… Le sujet de son blog https://mon-burn-out-parental.com/ m’a tout de suite donné envie de la rencontrer. C’est ainsi que nous nous sommes retrouvées à discuter pendant des heures à la terrasse d’un café d’un joli village classé “Plus beau village de France”.

Voici donc son histoire, écrite de sa plume.


1. PTB : Bonjour Cathy, comment le burn out est-il entré dans ta vie ?

Bonjour Astrid, le burn out maternel est entré dans ma vie peu après la naissance de mon deuxième enfant. J’avais un premier enfant qui avait 3 ans. Le burn out a duré environ 3 mois dans mon cas.


2. PTB, Concrètement que s’est-il passé ?

Peu de temps après sa naissance, notre fils a rencontré des difficultés : sténose du pylore à trois semaines, œsophagite diagnostiquée plusieurs semaines après avoir constaté qu’il avait mal, intolérance aux protéines de lait de vache diagnostiquée à 3 mois et j’en passe.

Mon compagnon et moi même avons été dépassés tous les deux par les évènements et petit à petit, nous nous sommes sentis de plus en plus en difficulté.

Au départ, je ne comprenais pas ce qui arrivait à mon bébé, j’étais inquiète, je cherchais des réponses auprès des médecins, que je n’obtenais pas toujours. C’était stressant, il pleurait énormément. Il nous réveillait plusieurs fois la nuit, on s’épuisait tous les deux.

On me renvoyait que si mon bébé pleurait, c’était surement parce que j’étais stressée, je lui transmettais mon stress. C’était très culpabilisant. Et je les ai cru.

Mon compagnon, lui, avait le sentiment qu’il n’avait pas de vie en dehors de notre famille, il se sentait très frustré.

Je pleurais ou me mettais en colère souvent. J’avais mal à la tête. Je dormais mal. Je ne me reconnaissais plus. Je m’en voulais aussi de ne pas être la mère que je rêvais d’être. Je ne me sentais pas à la hauteur en somme.

Les conflits de couple ont été de plus en plus importants, on ne se comprenait plus. J’ai cru qu’on allait se séparer. Je ne prenais plus plaisir à être avec mes enfants, c’est comme si je n’avais plus d’émotions parfois : par exemple, mon bébé pleurait, je ne réagissais plus.

Pour aller plus loin, lisez ces articles :


3. PTB : Comment avez-vous fait pour sortir de cette spirale ?

Ce qui nous a permis de sortir de cette spirale c’est d’une part le recul que j’ai pu avoir en étant moi-même psychologue. Quand je me suis demandée ce qui m’arrivait, je me suis posée la question : est ce que je fais une dépression? Je savais que ce n’était pas normal. J’ai lu beaucoup de choses sur internet, dans les livres. Il m’a fallu faire le tri mais je me suis reconnue dans les symptômes du burn-out maternel. Cela ne m’a pas suffit.

Ce qui m’a vraiment aidée est que j’ai osé en parler à mon entourage. Je ne me suis pas enfermée sur moi. J’ai exprimé ce mal-être qu’ils ont su saisir pour me tendre une main. Ma famille m’a proposé de prendre notre bébé quelques jours avec eux pour que l’on se repose et que l’on prenne du temps à trois. Notre premier enfant souffrait de cette situation, il avait besoin de nous retrouver aussi. J’ai saisi l’occasion.

Je me souviens alors que ma mère et ma sœur, qui sont venues chercher notre fils, ont été très surprises de voir à quel point notre bébé souffrait! Elles savaient qu’il pleurait mais ne savaient pas à quel point. Elles m’ont réellement soutenue et rassurée dans l’idée que ce n’était pas moi le problème.

Elles ont été voir un médecin qui a changé le cours de ma vie. Il a diagnostiqué cette intolérance aux protéines de lait de vache. Peu de temps après, notre bébé a cessé de pleurer. Sans les pleurs, j’ai vraiment soufflé et ma famille aussi !


4. PTB : Quelle différence y-a t’il entre le burn out parental et une simple fatigue due au manque de sommeil ?

Etre parent, c’est fatiguant. C’est indéniable. Nous ne sommes plus deux mais trois ou plus. C’est un nouveau rythme de vie, avec au départ des nuits hâchées…

Cependant, la grosse différence entre la fatigue parentale normale et le burn out parental est que, dans le cas de la fatigue, cette fatigue liée au fait d’être parent ne prend pas le pas sur les bons moments. Cette fatigue ne vient pas entacher le rapport que l’on entretient avec son ou ses enfants ou son couple : on prend toujours plaisir à être ensemble. Cette fatigue ne vient pas nous faire douter de nous : on se sent fatigué certes, mais pas au point de se dire que nous sommes une mauvaise mère ou un mauvais père. Elle ne remet pas tout en question . Enfin, ça ne dure pas dans le temps.


5. PTB : En quoi il y a-t’il des différences et similitudes entre les étapes du burn out professionnel et celles du burn out parental ?

Je crois que c’est assez difficile d’évaluer cela car le burn-out parental n’est pas reconnu comme une maladie. De plus, les personnes en burn-out parental ont cette capacité à donner encore plus de leur énergie même si elles sont épuisées. C’est-à-dire qu’on ne les retrouve pas ou rarement au fond d’un lit parce qu’elles ou ils doivent faire, foncer, ne pas abandonner. Peut être que c’est parce qu’au travail, on peut se mettre en arrêt maladie, mais pas quand on est parent.

avant le burn out

Dans le burn-out parental, le parent semble aller bien même s’il traverse différents stress. Il n’y a rien d’euphorique là-dedans à mon sens. Les stress traversent la vie du parent sans encombre car la balance fait bien son travail et permet de trouver un certain équilibre avec ce qui se passe bien.

Par exemple, nous sommes en retard pour aller à l’école et tout le monde stresse, s’agace. Puis, une fois arrivé là-bas pile à l’heure, j’ai droit à mon gros câlin avant de partir, tout le monde se souhaite une bonne journée avec un beau sourire, le stress retombe et c’est reparti.

le burn in

La phase du burn-in apparaît lorsque les stress de la vie quotidienne deviennent de plus en plus importants et prennent le pas sur les bons moments. Le parent se sent quotidiennement stressé, fatigué, se questionne, se demande s’il est un bon parent…

les symptômes et L’épuisement physique

Le burn out c’est un ensemble de plusieurs symptômes : épuisement physique et émotionnel, une distanciation affective avec ses enfants, une perte d’efficacité et de plaisir et un contraste avec le parent que l’on souhaite être (on ne se reconnaît plus). Cela peut durer de plusieurs mois à plusieurs années.

La remontée

Une fois que le burn-out est diagnostiqué et que le parent a accepté de l’aide, il sort la tête de l’eau et commence à voir le bout du tunnel. Il se reconstruit peu à peu et reprend plaisir.


6. PTB : En quoi est-ce que cette épreuve a changé votre vie ?

Cette épreuve a changé ma vie car j’ai appris à me connaître à travers elle. Je ne soupçonnais pas pouvoir me mettre dans un tel état. Ce qui peut être très douloureux.

Pour ma part, j’ai fait le choix d’en faire quelque chose de positif et d’aider à mon tour les personnes qui s’épuisent.

J’ai compris que ce burn-out avait un sens, qu’il n’était pas uniquement dû à ma maternité en tant que telle ou aux évènements liés aux difficultés de notre fils. Si je ne veux pas qu’il se reproduise, je dois faire des changements dans ma vie dans le but d’être plus alignée avec qui je suis.


7. PTB : Quels conseils donnerais-tu à des parents épuisés ?

Je leur conseille d’abord d’oser en parler et de ne pas s’isoler. Il existe beaucoup de parents isolés à qui je conseille de trouver des ressources, de l’aide (un regroupement de parents, des professionnels…).

Je souhaite leur rappeler que les autres n’y arrivent pas mieux qu’eux (je me suis moi-même faite cette réflexion !).

Le burn out a un sens qu’il faut chercher à comprendre. Car ce n’est pas parce qu’on a connu un burn-out que cela ne va pas se reproduire. Il y a toujours des choses à changer : déléguer, prendre du temps pour soi, se réorganiser, trouver des astuces…


CONCLUSION

Cathy est psychologue, psychothérapeute et coach. En plus de sa pratique en cabinet libéral www.cathy-psy.com, elle est l’auteur du blog Mon-burn-out-parental.com et anime des ateliers de groupe sur ce sujet.  Elle propose ses services aux femmes qui souhaitent justement dépasser leur épuisement afin d’avoir une vie plus épanouie. Enfin, je vous donnerai bientôt de ses nouvelles car elle est en train d’écrire un livre sur burn out parental.

Pour aller plus loin sur le burn out parental :

Pour lire d’autres témoignages de burn out :

Vous avez aimé ? N’hésitez pas à laisser un message, liker, partager de façon à ce que d’autres puissent découvrir ce blog et en bénéficier eux aussi…

Photos : PIxabay : MabelAmber

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5 réflexions sur « Interview de Cathy de Mon Burn Out Parental »

  1. Bonjour Astrid,
    Vous connaissez ma position sur ce sujet et le mélange des genres qui rendent flous les diagnostics et perdent parfois les personnes concernées. parlons d’épuisement parental et non de burn-out. Ils possèdent certes des similitudes dans les symptômes mais les conséquences sont très différentes car le contexte initial l’est.
    Par ailleurs, dans cet épuisement parental le père me semble tout aussi concerné que la mère. Cathy nous parle essentiellement de la mère et semble axer principalement son accompagnement vers elles. Et le père ?…

    • Bonjour Laurent,
      Merci pour votre retour et vous avez raison, je m attendais à ce retour. C est pourquoi j’ai ajouté à ce témoignage le texte en introduction. Le prochain texte sur le sujet portera pour titre « épuisement maternel ». Je trouvais toute fois important que les personnes concernées puissent trouver des informations sur Google (à travers ce blog) quelque soit le mot recherché car tous les lecteurs ne sont pas au fait des distinctions définies par l OMS malgré les relais d information.
      Cathy parle d elle dans cet interview, mais vous avez raison, dans ce témoignage, c est bien le couple qui était concerné. C est pourquoi elle a choisi de parler de burn out « parental ».

  2. Merci pour ce témoignage 💕
    Vraiment c’est important d’en parler, il me semble que ce sujet est très tabou. Et c’est grâce à des articles comme le tien, qu’un jour les mamans (ou papas) n’auront plus honte de parler.
    Bravo pour ce que tu fais Astrid 😊

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