Le burn out amoureux ça existe ? – Témoignage d’Annabelle

 

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On entend souvent parler de burn out professionnel, de plus en plus de burn out parental, mais qu’en est-il du burn out amoureux ? l’OMS ayant stipuler que le mot “burn out” doit être exclusivement réservé à l’épuisement professionnel, on parlera alors d’épuisement sentimental.

« Et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants », cette phrase si souvent entendue à la fin des contes de notre enfance vient parfois se heurter au monde réel. Comme dans le travail, quand nos attentes ne collent pas à la réalité, que l’on s’épuise à obtenir quelque chose d’inatteignable, le cerveau chauffe et l’épuisement pointe le bout de son nez.

Annabelle, 33 ans, a fait vécu un épuisement sentimental il y a 10 ans. Dans cette interview, elle nous raconte ce qu’elle a vécu.


PTB : Comment l’épuisement sentimental est-il entré dans ta vie ?

J’avais 23 ans quand j’ai rencontré mon compagnon. Je me suis très vite projetée dans une vie de couple. Mon compagnon était plus jeune que moi et pour lui c’était moins évident. Il avait envie de vivre d’autres choses avant de s’installer dans une vie de couple.

Je travaillais aux Pays Bas, alors que mon compagnon était en France. Je prenais souvent l’avion ou le train pour aller le voir, au moins un week-end sur deux. Je m’investissais beaucoup dans notre relation. Je voulais y croire. Mais ce n’était pas en phase avec ce que lui voulait vivre. Et un jour, le burn out a commencé.


PTB : Que s’est-il passé ?

Les symptômes annonciateurs du burn out

D’abord, j’ai commencé par ne plus pouvoir m’assoir. J’ai fait quelques séances de kiné, d’ostéopathie, mais ça ne me faisait rien. Et en attendant je continuais sur le même rythme. Puis j’ai eu des palpitations assez fortes. J’étais de plus en plus fatiguée.

Ensuite, j’ai décidé de revenir en France pour me rapprocher. Mais le décalage entre nos perceptions de la vie de couple et nos envies était toujours là. Mon compagnon ne se voyait pas s’installer dans une vie établie. A ce moment-là, les symptômes ont empiré. J’ai eu des troubles de la vue. Je ne voyais plus net. Et là, ça a été la prise de conscience qu’il fallait que cela cesse. Je ne pouvais plus vraiment tenir en position assise, j’étais épuisée, j’avais des palpitations et je ne voyais pas clair.

Le jour où j’ai compris que j’allais devoir changer

J’ai été voir mon médecin généraliste. Il a tout de suite identifié que j’étais en train de faire un burn out. Il m’a dit : « il va falloir que tu changes ta façon de vivre et de voir les choses ».

Moi ça me semblait inimaginable qu’un stress puisse avoir des symptômes aussi forts. En plus, je n’avais pas le côté émotionnel où l’on se met à pleurer. Je n’avais donc pas l’aide de mon psychisme qui me donnait ces alertes-là. C’était il y a 10 ans et à cette époque-là, on parlait très peu des symptômes physiques du burn out. Je n’en avais donc pas connaissance.

J’avais une grande confiance dans mon médecin qui me connaissait très bien. Je me suis donc tout de suite prise en main. Je me rappelle cette phrase qu’il m’a dite : « Je ne sais pas quelle est ta vie, mais aujourd’hui tu déploies trop d’énergie pour quelque chose dont tu n’as pas le retour que tu attends ». Du côté professionnel cela se passait très bien, en revanche, ma vie personnelle, elle, était plutôt chaotique.


PTB : Comment as-tu fait pour te relever ?

La première étape, pour moi, a été de faire un choix : soit je devais mettre fin à notre relation, soit je devais accepter que pour mon conjoint ce n’était pas le moment de s’engager. En un sens, le burn out m’a forcée à prendre une décision. Du coup j’ai opté pour le fait de laisser voir l’avenir et d’accepter notre relation telle qu’elle était.

Puis la deuxième étape, a été de prendre soin de mon corps en remettant un cadre dans ma vie. Se lever et se coucher à des heures régulières. Repasser à des choses mono-tâches : arrêter de regarder la télé, son smartphone et son ordinateur en même temps. Se remettre au sport. Etc.

NB : pour savoir en quoi prendre soin de soi permet de se relever du burn out, lisez l’article sur le rôle anti-stress et réparateur du nerf vague

A l’époque je ne me suis pas faite accompagnée. Avec le recul, je pense que j’aurais dû prendre ce temps-là.


PTB : Quel conseil donnerais-tu aux lecteurs de PTB ?

Faites-vous aider, ne vous enfermez pas seul dans ce qui vous arrive. Il y a parfois une certaine honte à avouer ce qui nous arrive. Pourtant croire que l’on va y arriver seul est une erreur. La seule solution pour sortir du burn out c’est forcément une modification. Et il va falloir se faire accompagner ou aider pour cela.

Il faut accepter que le rêve que l’on a au début devra être légèrement ou profondément modifié. Et en même temps croire en l’avenir. Dans mon histoire au final cela s’est bien terminé. Un jour mon compagnon s’est senti prêt. Aujourd’hui nous sommes mariés, nous avons une petite fille. Au final cela a renforcé notre relation. Aujourd’hui j’ai fait de mon burn out une force.

Le burn out c’est avant tout se retrouver soi-même.


PTB : En quoi es-tu plus forte aujourd’hui ?

On se remet du burn out, mais le corps et l’esprit n’oublient jamais. Même 10 ans après, il y a des fois où j’ai des petites alertes physiques. Sauf que maintenant j’en prends conscience tout de suite et je prends rapidement les actions nécessaires pour réajuster les choses.

Aujourd’hui j’ai aussi une plus grande flexibilité. Quand l’opportunité de suivre mon conjoint en Guadeloupe s’est présentée, je n’ai pas eu d’appréhension. Quelques années auparavant, je pense que l’idée de quitter mon poste, ma carrière, m’aurait été impossible. Je sais maintenant que je peux me renouveler sans cesse. Le burn out nous apprend à nous remettre en question et à nous renouveler. Cette flexibilité m’a beaucoup aidé au cours des 10 dernières années dans mes expériences professionnelles et dans ma vie personnelle.

NB : pour aller plus loin sur la notion de résilience après un burn out, je vous invite à lire l’article sur le secret de ceux rebondissent après un burn out


CONCLUSION

Pour lire des témoignages de burn out :

Pour en savoir plus sur le burn out :

Comme Annabelle, vous avez déjà vécu un burn out sentimental ? Partagez-le à votre tour dans les commentaires ci-dessous. Nous aimerions en savoir sur ce phénomène !

Vous avez aimé ? N’hésitez pas à laisser un message, liker, partager de façon à ce que d’autres puissent découvrir ce blog et peut-être avancer un peu plus sur leur chemin.

Photo : Pixabay : StarFlammes

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2 réflexions sur « Le burn out amoureux ça existe ? – Témoignage d’Annabelle »

  1. Après 28 ans à m’investir dans un mariage qui ne m’apportait pas la sécurité dont j’avais besoin, j’ai fait un burn-out énorme qui m’a paralysée 1an 1/2. Je vois bien le truc !
    La base avec l’expérience maintenant, c’est toujours de prendre en compte ses propres besoins, chose que je n’avais pas faite.
    Merci pour ce retour d’expérience et ce témoignage, toujours intéressant à lire 😉

  2. Merci pour cet article …. nous sommes tellement loin des signes de notre corps. Nous avons perdu l’habitude de nous écouter et d’etre proche de nos warnings. Notre corps nous envoie tout le temps les bons messages mais notre tête est parfois têtu et nous refusons de les voir, de les lâcher, de les suivre ….
    nous avons nos réponses avant même de se poser les questions !!!

    Cylie

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