Comment aider quelqu’un en burn out ? – Interview de Chantal Darme

accompagner


Qu’est-ce que veut dire accompagner quelqu’un en épuisement professionnel ? Comment faire pour aider quelqu’un en burn out ? Et si finalement pour aider quelqu’un, il fallait d’abord s’aider soi-même ? Réflexions avec Chantal Darme.

Chantal Darme est Psychoach, Conférencière, passionnée de développement personnel et psychologie (plus particulièrement de psychologie positive). « Petits Riens Pour Beaucoup Mieux » c’est à la fois le nom de son cabinet de développement personnel et la philosophie qu’elle partage sous forme de conférences et d’ateliers.

Lorsque j’ai annoncé je m’intéressais au burn out, Chantal m’a proposé spontanément de partager son expérience à ce sujet. Merci Chantal !

Ce qui m’a marqué, c’est notre discussion au sujet de l’entourage des « burn outés » et plus particulièrement la question « Que signifie aider quelqu’un ? ». Je suis donc revenue l’interviewer sur ce point pour partager avec vous les éléments que nous avions abordés. J’espère que cet article vous permettra de nourrir votre réflexion et peut-être de mieux trouver votre place en tant que proche de personne en épuisement professionnel.


PTB : Bonjour Chantal, finalement, c est quoi aider quelqu’un ?

Accompagner quelqu’un c’est un équilibre complexe. C’est à la fois être présent et rester à sa juste place. Ni trop près, ni trop loin.

Je pense que c’est important de commencer en rappelant que ce n’est pas si facile d’aider quelqu’un, quelle que soit la problématique rencontrée. Et pour déculpabiliser ceux qui ont des difficultés à aider dans le cas de burn out, précisons que c’est normal, surtout quand il s’agit d’un proche et particulièrement la personne avec qui l’on vit au quotidien. C’est pour cela qu’il existe, des gens formés, des spécialistes dont c’est le métier.


PTB : Pourquoi est-ce difficile d’accompagner quelqu’un ?

C’est difficile, d’accompagner une personne qui souffre parce qu’on est pris dans l’affectif du lien avec avec la personne aimée et que l’on perd ainsi l’objectivité nécessaire.

De plus, le burn out s’installe insidieusement, on ne le voit pas forcément arriver avant qu’il ne prenne des proportions importantes. Et puis c’est massif, car petit à petit tous les domaines de la vie sont touchés, le professionnel, le personnel, la santé, le moral, l’émotionnel, le quotidien, les loisirs, etc.

Ce qui va compliquer les choses également, c’est que la problématique dure dans le temps, il faut tenir sur la longueur et c’est éprouvant pour tout le monde.

On se retrouve embarqué dans une dynamique globale dont les conséquences vont impacter, à plus ou moins long terme, tous les membres de la famille.

Il s’agit donc d’être présent sans se laisser aspirer, autant que faire se peut, par le cercle vicieux.


PTB : Etre présent qu’est-ce que cela veut dire ?

Être présent, c’est être “là”, dans cette délicate position de chercher un équilibre entre nos différents mouvements ou réactions possibles, parfois contradictoires, par exemple entre l’évitement et le surinvestissement.

Être présent, c’est savoir demander ce dont l’autre a besoin, ou envie. D’une personne à l’autre, ou selon les phases du burn out, les besoins sont différents. Il est donc important de ne pas projeter nos propres besoins en se mettant à la place de l’autre. Discuter, s’ajuster par le dialogue, permet d’éviter de “ tomber à côté” même en croyant bien faire !

Il ne s’agit pas non plus de toujours aller dans le sens de la demande. Une personne en épuisement professionnel qui n’accepterait pas de faire une pause demandera de l’aide “pour tenir le coup”, alors que son besoin est de lâcher. C’est peut-être difficile à entendre mais j’insiste là dessus : aider un proche en burn out, c’est parfois, oser dire non, ou ne pas être d’accord. Dans ce cas, on peut dire, dans la bienveillance :  “Stop ça suffit, je pense que la meilleure chose à faire serait d’accepter de consulter un médecin ou d’accepter l’arrêt qu’il propose”.

Enfin, c’est très important d’oser poser ses propres limites et de se respecter. C’est de plus un modèle précieux pour la personne qui souffre de burn out qui ne sait plus le faire.


PTB : Quelle est là juste place de la personne qui accompagne ?

La juste place de l’accompagnant, c’est de garder la sienne !

Non seulement ce n’est pas souhaitable de vouloir faire à la place de l’autre, car sortir du burn out est un chemin personnel, mais c’est surtout impossible ! Il s’agit alors d’accepter la forme d’impuissance à laquelle cela nous renvoie, car il y a une part du problème pour laquelle on ne peut rien, et c’est toujours très douloureux de voir souffrir ses proches en ayant l’impression de ne rien pouvoir faire.

Tentons alors, d’accepter de lâcher prise en déléguant aux spécialistes, pour une prise en charge pluridisciplinaire, souvent bienvenue. Suggérer des consultations ou des rendez-vous  là où c’est nécessaire : médecin, thérapeute, nutritionniste, masseuse, et accompagner peut s’avérer une bonne manière d’agir, bien qu’elle soit indirecte.

Soulignons aussi l’importance de rester l’amoureux/amoureuse, le/la conjoint.e etc. sans se transformer en infirmière ou aide soignant par exemple.


PTB : Quel conseil donnerais-tu à une personne qui accompagne un proche en burn out ?

Penser à SOI ! Surtout ne pas s‘oublier, car c’est compliqué d’aider les autres quand on tourne soi-même au ralenti ou à vide. Être bien soi même pour pouvoir être un appui solide pour l’autre. Cela implique d’oser demander soi même de l’aide à l’entourage quand c’est possible. Eventuellement consulter un psychologue pour soi de façon à ne pas y laisser trop de plumes nous-même.

Il est indispensable de se ressourcer et de recharger ses batteries, en faisant des choses que l’on aime pour se détendre. C’est important de continuer ses activités autant que faire se peut, trouver des bulles d’air et de respiration. Sinon on est deux à patauger dans la même mélasse. Et on finit par être englouti par la même machinerie infernale qu’est le burn out. Il n’y a pas besoin de deux burnoutés!

Vivre à côté de celui qui va mal est malmenant, prendre soin de soi est fondamental !


CONCLUSION

Cette interview m’a fait prendre conscience de la position délicate dans laquelle se trouvait l’entourage des personnes en souffrance et plus particulièrement en burn out. Comment trouver cet équilibre judicieux entre accompagnement et lâcher prise ? Comment apprendre à écouter ? Comment trouver sa juste place ?

Je constate en effet dans les témoignages que j’ai pu recueillir qu’il n’est pas toujours facile pour le conjoint de trouver sa place. De même pour les amis, qui voudraient aider, et sont impuissants devant le fait qu’ils ne peuvent pas faire à la place de la personne en burn out. Les collègues sont, quant à eux, paralysés entre l’envie de prendre des nouvelles et l’interdiction de contacter la personne en arrêt.

Pour lire des témoignages évoquant la place du conjoint :

J’espère que cet article vous aura apporté des éléments pour mieux accompagner vos proches. Pour aller plus loin, je vous propose 2 autres articles sur le sujet dans les jours à venir :

  • Les 5 choses à éviter quand on accompagne une personne en épuisement professionnel

Vous avez accompagné une personne en burn out ? Laissez un commentaire pour nous faire part de votre témoignage !

Vous avez aimé ? N’hésitez pas à laisser un message, liker, partager de façon à ce que d’autres puissent découvrir ce blog et peut-être avancer un peu plus sur leur chemin.

photo : Pixabay : LeeLucy

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2 réflexions sur « Comment aider quelqu’un en burn out ? – Interview de Chantal Darme »

  1. Merci pour le partage de cette interview. Ce n’est pas toujours simple de garder sa place. De beaux conseils détaillés à ne pas oublier!
    À bientôt
    Jessica

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