Elle a tout quitté après un burn-out : l’interview de Julie, Surfeuse et Créatrice de Contenus

Julie a tout quitté après son burn-out pour devenir surfeuse et créatrice de contenus. Après plus de 10 ans de vie parisienne, Julie a dit stop et s’est mise à son compte. Elle dirige aujourd’hui son agence de Créateurs de Contenus, et partage son temps entre écriture, voyages et surf. Pour savoir comment Julie s’est-elle créé une vie de rêve après un burn out, lisez cet article.


BONJOUR JULIE, PEUX-TU TE PRESENTER ET NOUS DIRE D’OU TU VIENS ? 

Je suis Julie, j’ai 33 ans, et je suis originaire de Marseille. J’ai fait mes études à Paris où je suis restée à peu près 10 ans. Puis j’ai tout quitté après un burn-out pour partir voyager autour du monde, surfer et écrire. Je suis aujourd’hui à la tête de mon agence de création de contenus.


DANS QUOI TRAVAILLAIS-TU QUAND TON BURN OUT S’EST DECLARE ? 

Je suis passée par une école de commerce pour ensuite intégrer l’univers du web. J’ai été recrutée dans une agence de e-commerce. Pendant à peu près 10 ans, j’ai occupé des postes dans la gestion de projets, le business development, le consulting, ou encore la stratégie. Et ce, au sein de diverses entreprises : SSII, ESN, Agences et Start Ups.

Je dirais que mon burn-out a commencé à la fin de ma vie parisienne. J’étais beaucoup moins motivée au travail, je trouvais de moins en moins de sens à ce que je faisais. Ma créativité n’était pas stimulée, alors que j’avais envie d’expérimenter et d’entreprendre. J’ai commencé petit à petit à sombrer dans une dépression et je sentais que je suffoquais.

J’enchainais des semaines de plus de 50 heures, avec beaucoup de déplacements. Je pense que tout cela m’a épuisée et que cette accumulation a été le terrain fertile de mon burn-out.

Pour aller plus loin, lisez cet article : pourquoi mon job m’épuise-t’il ?


QU’EST-CE QUI T’A MOTIVE A TOUT QUITTER ?

J’ai eu une réaction assez instinctive. Je me suis rendu compte que ça faisait un moment que je ne m’écoutais plus et que je refoulais mes émotions.

Du coup, j’ai décidé de quitter mon job quasi instantanément d’un commun accord avec mon employeur de l’époque. Mon départ s’est organisé très vite. En tout, j’ai à peine mis 3 semaines à quitter Paris tant c’était devenu une nécessité.


COMMENT AS-TU TROUVE LA FORCE DE REBONDIR APRES LE BURN OUT ? 

J’en étais arrivée à un point où je ne savais plus ce que je voulais, et je n’arrivais plus à prendre une quelconque décision. J’ai réalisé que j’avais besoin de m’isoler.

J’ai alors décidé de voyager seule. J’ai dû réapprendre à prendre des décisions, en commençant par ce que j’allais manger, ce que j’allais visiter et où j’allais dormir, et ce jour après jour. J’ai finalement osé me poser des questions existentielles, comme ce que je voulais vraiment faire de ma vie. J’ai trouvé la réponse après deux ans de voyage : je voulais écrire et diriger ma propre entreprise.


AUJOURD’HUI TU ES A LA TETE DE TON AGENCE DE CREATION DE CONTENUS. AVAIS-TU DEJA CONSIDERE CETTE OPTION ? 

L’idée de l’entrepreneuriat m’a toujours habitée en vrai. Mais cette fameuse croyance limitante de “je n’en suis pas capable”, m’empêchait de réellement considérer cette option. Je me suis finalement lancée sans avoir réellement d’attentes, avant tout pour me faire plaisir et pour tester.

Pour aller plus loin, lisez cet article : du job qui vous épuise au job qui vous fait vibrer 

Pour être honnête, les étapes d’apprentissage par lesquelles je passe m’intéressent plus que le résultat en lui-même. Autrement dit, mis à part mes deux objectifs qui sont de rendre mes clients heureux et de bien gérer mon équipe, je ne me crée pas d’expectatives superflues.

Je pense que cette étape du burn-out, qui est loin d’être facile, est l’occasion de prendre du temps pour soi et d’entreprendre un travail d’introspection, en prenant de la hauteur sur la situation, aussi compliquée soit-elle.

La clé est de ne pas refouler sa souffrance, mais bien de l’accepter. Une fois qu’on est conscient que le monde structuré de l’entreprise n’est pas fait pour nous, c’est déjà un grand pas.


QUELLE A ETE LA REACTION DE TES PROCHES ? T’ONT-ILS SOUTENU ? ONT-ILS EU PEUR QUE TU QUITTES TOUT APRES TON BURN OUT ?

Le burn-out m’a permis de faire le tri, mais ceux qui sont restés dans mon entourage m’ont offert un soutien instinctif, car je pense qu’ils sentaient que je n’étais plus vraiment heureuse.

Même s’ils avaient peur pour moi, j’ai préféré anticiper en leur disant que j’avais besoin qu’ils me soutiennent, et que je ne pouvais pas me permettre d’absorber leurs peurs. Ça aurait été trop pour moi. Autant mes parents que mes amis l’ont bien compris et ont gardé leurs appréhensions pour eux, tout en bienveillance : “Si c’est ça que tu veux, fais-le. On te fait confiance et tu y arriveras”.


COMMENT TE SENS-TU AUJOURD’HUI ? AS-TU DES REGRETS ?

Comparé à cette période où j’étais à Paris, je me sens bien plus libre et épanouie. J’ai même beaucoup gagné en confiance en moi. Le bilan est très positif, et c’est la plus belle décision de ma vie.

Si j’ai tout plaqué et créé ma boîte, c’est aussi pour remettre la nature et le surf au centre de ma vie. Je peux aménager mon temps de travail en fonction de mes émotions et de mes loisirs.

D´ailleurs, mes clients sont au courant de ma passion pour le surf. Je m’organise selon les contraintes de mon travail pour pouvoir profiter de ce qui me rend heureuse : le surf, voyager et passer du temps avec mes proches.

Cette philosophie est malheureusement loin des structures classiques d’entreprises où l’on imagine mal consacrer autant de temps à ses loisirs personnels et ses passions. C’est pourtant bien pour cela que l’on vit ! Pour faire ce qui nous rend heureux.


TU VIENS D’EVOQUER TA PASSION POUR LE SURF. PEUX-TU NOUS PARLER DE LA SURF THERAPIE ? 

Dans mon cas, le surf a été l’occasion de reconnecter avec la nature, de faire le vide, et de ne penser qu’au moment présent.

Mais j’ai fais beaucoup de recherches, et je me suis vraiment intéressée à la Surf Thérapie.

J’ai pu relever d’ailleurs que, d’un point de vue scientifique, Rodolphe Forget et Marc Henry ont fait des recherches intéressantes sur la surf thérapie et ses bienfaits.

Je vous invite à regarder également les travaux de l’auteur japonais Masaru Emoto qui explique les vertus de l’eau sur les émotions.

Pour le côté plus pratique, le médecin basque Guillaume Barrucq recommande fortement le contact avec l’environnement marin dans ses ouvrages, et même de consommer des gélules d’eau salées !

Enfin, Joël de Rosnay a écrit de très beaux textes poétiques sur tout ce que la surf thérapie peut apporter.

À force de creuser dans mes passions, je m’entoure de personnes qui me ressemblent et avec qui je discute de tous ces sujets.

J’ai d’ailleurs un ami, fondateur de Homie Boards, service de location de planches de surf, qui a un parcours qui ressemble au mien.


QUELS CONSEILS DONNERAIS-TU A QUELQU’UN QUI TRAVERSERAIT UN BURN OUT ?

Je pense qu’il faut d’abord arrêter de refouler ses émotions, et essayer d’être honnête avec soi-même : “Est-ce que je suis vraiment heureux/se, et si je ne le suis pas, quels sont les éléments qui m’empêchent de l’être ?”.

Il est aussi essentiel, et je dirais même vital, d’en parler autour de soi, à des proches qui nous inspirent confiance et bienveillance. Il faut bien garder à l’esprit que le burn-out est plus répandu que ce qu’on imagine. Beaucoup de personnes l’ont donc déjà probablement vécu, de près ou de loin, et avec des formes différentes.

Enfin, souvenez-vous que le travail n’est pas le centre de notre vie, mais plutôt un moyen pour vivre mieux notre vie !


CONCLUSION

Et si votre burn out était une opportunité pour vous créer une vie plus épanouissante ? qui vous ressemble plus ? Et si comme Julie, vous transformiez cet événement en un tremplin pour transformer votre vie ?

Qu’en pensez-vous ? Est-ce que cette idée vous inspire ? vous laisse perplexe ? vous choque ? Dîtes-le nous dans les commentaires ?

Vous pouvez retrouver Julie sur son compte Instagram : Julie Khoum

Pour lire d’autres témoignages de personnes qui ont changé de vie après un burn out :

Vous aussi vous avez envie de changer de vie, mais vous ne savez pas vers quoi vous diriger ? –> Rejoignez-nous dans le programme Rêv’Ailes-toi, 3 étapes pour se créer une vie plus alignée avec soi

Crédits photos : Julie Khoum

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8 réflexions sur « Elle a tout quitté après un burn-out : l’interview de Julie, Surfeuse et Créatrice de Contenus »

  1. Très belle rencontre ! Très inspirante… On finirait presque par dire que le burn-out est une bonne chose (j’exagère). C’est génial de réaliser ses rêves ! Bon il faut tout de même lui reconnaître le mérite et le courage d’avoir “osé” !

    • Oui il faut beaucoup de courage pour oser tout quitter et embrasser une nouvelle vie. Bravo Julie pour ton témoignage inspirant 😉

  2. Moi aussi, j’ai tout quitté après un burn out sauf le mari et les enfants que j’ai gardé 😁 ! J’ai démissionné de l’éducation nationale pour créer ma petite entreprise d’accueil téléphonique pour les ostéos, je travaille de mon domicile, j’ai des semaines de moins de 27h, je profite de mes enfants et au bout de 5 ans, on a redéménagé pour venir vivre aux sables pour être près de la mer. Bref, je ne regrette pas mon burn out au final, j’y ai gagné en qualité de vie même si cela a été très dur avant que je prenne la décision de tout plaquer.

    • Merci Tatiana pour ton témoignage inspirant !!! Quitter le statut “confortable” de fonctionnaire c est un pas difficile. Il y a beaucoup d enseignants sur ce blog qui se questionnent, je suis sure qu ils seront inspirés par ton histoire.

  3. Interview très inspirante ! Je me suis moi aussi lancée dans la création de contenu après un Burn Out! (entre temps j’ai aussi changé de boite pour retrouver plus d’équilibre entre vie perso et pro). Besoin de retrouver du sens et de me recentrer sur moi après des années consacrées à 300% à ce job…et comme tu le dis si bien, ne plus mettre le travail au centre de ma vie mais le considérer comme un moyen!

  4. Très belle interview, et malheureusement (pour le début) une histoire qui semble de plus en plus classique… Une belle façon de se retrouver et de se reconstruire. Bravo à elle.

  5. C’est un pas énorme d’oser quitter le confort matériel pour l’inconnu. Bravo à Julie pour s’être écoutée. Je trouve que c’est la partie la plus difficile et c’est super qu’elle ait prévenu ses proches de ce qu’elle attendait d’eux.
    Merci pour ce partage.

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