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Burn-out : Antidépresseurs, anxiolytiques en prendre ou pas ?

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burn-out antidépresseur

Vous vous demandez si oui ou non vous devriez prendre des antidépresseurs ou des anxiolytiques pour remonter la pente de votre burn-out ? Pour en savoir plus sur l’intérêt ou non des antidépresseurs et anxiolytiques en cas de burn-out, lisez cet article.


BURN-OUT & LES ANTIDEPRESSEURS : FAIRE UN CHOIX ECLAIRE

« Je suis en burn-out, dois-je prendre des anti-dépresseurs ? », cette question je l’entends souvent de la bouche des personnes que j’accompagne à remonter la pente du burn-out ou parfois à travers le groupe Facebook. Pourtant je me suis toujours bornée à répondre : « Voyez cela avec votre médecin. Je ne suis pas médecin, je ne peux pas donner d’avis à ce sujet ». Alors pourquoi cet article aujourd’hui ?

Je ne suis toujours pas médecin et je me garderai bien de ne pas dépasser la limite de mes compétences. Par contre, ce que je sais en tant que coach professionnelle, c’est que ce qui importe le plus, c’est de faire un choix qui vous correspond, avec lequel vous êtes d’accord. Or pour faire un choix, il faut des éléments sur lesquels s’appuyer. Et c’est souvent cela qui pêche : le manque d’informations.

Vous trouverez dans cet article des éléments issus de l’émission « Peut-on se passer d’anti-dépresseurs ? » d’Ali Rebeihi dans « Grand bien vous fasse » ainsi qu’un témoignage d’une burnoutée qui a fait le choix des anti-dépresseurs et le mien qui ai fait le choix de ne pas en prendre.


BURN-OUT : LA FRANCE CHAMPIONNE DE PRESCRIPTION D’ANXIOLYTIQUE ET D’ANTIDEPRESSEURS

7 millions de français consommeraient des antidépresseurs. La France serait le 1er pays mondial de prescription d’anxiolytique et le 4ème d’antidépresseur. Alors que l’engouement pour ces molécules était très fort dans les années 90, il baisse aujourd’hui pour laisser la place à d’autres méthodes de prise en charge globale comme la psychothérapie assortie à d’autres méthodes : méditation, l’hypnose, le sport, la nutrition dans les cas des dépressions légères à modérées. Qu’en est-il pour le burn-out ?


ANTIDEPRESSEURS ET ANXIOLYTIQUES : POUR QUELS USAGES SONT-ILS PRESCRITS EN CAS DE BURN-OUT ?

Etat dépressif et burn-out

Pas toujours évident faire la différence entre la dépression et le burn-out. Si ce n’est pas clair pour vous, je vous recommande l’article : « burn-out ou dépression, quelle différence ? ». Si dépression et burn-out sont bien deux maladies distinctes, pourquoi prescrire des antidépresseurs lors d’un burn-out ?

Le médicament (antidépresseur ici), permet de réduire le symptôme : état dépressif. Or dans la phase de décompression du burn-out, juste après la chute, nous nous sentons effectivement dans un état émotionnel déprimé. C’est pourquoi j’appelle souvent cette phase : la décompression, dépression, décompensation.

–> Pour aller plus loin, lisez l’article « burn-out : qui consulter ? »

Qu’est-ce qu’un antidépresseur ?

D’après le Vidal, les antidépresseurs sont des médicaments qui soulagent les symptômes de la dépression et améliorent l’humeur du patient, en particulier la tristesse et le ralentissement moteur qui caractérisent cette maladie. Il existe plus de vingt substances différentes qui sont prescrites en fonction du patient et du type de dépression dont il souffre. Ils modifient la communication chimique entre les neurones en agissant sur les neurotransmetteurs comme la sérotonine ou la noradrénaline. Leurs effets bénéfiques ne se font sentir qu’après plusieurs semaines de traitement (de deux à six semaines). Pour cette raison, un traitement anxiolytique d’action plus rapide est souvent prescrit au début du traitement. Il est progressivement arrêté lorsque les effets des antidépresseurs commencent à se faire ressentir.

Qu’est-ce qu’un anxiolytique ?

D’après le Vidal, les benzodiazépines anxiolytiques agissent en augmentant la capacité de relaxation et en diminuant les manifestations physiques de l’anxiété. Leur action est rapide mais elles doivent être utilisées que pour de courtes durées et à la dose efficace la plus faible possible, en raison du risque de dépendance. Il est fréquent de ressentir une somnolence en début de traitement. Ces molécules sont susceptibles de déclencher des réactions paradoxales avec augmentation de l’anxiété, ou des troubles de la mémoire (amnésie antérograde).

Guillaume Fond, médecin psychiatre et chercheur aux hôpitaux universitaires de Marseille alerte dans l’émission radio : « Le problème en France, ce n’est pas la prescription d’antidépresseurs, c’est la prescription d’anxiolytiques. Plus de la moitié des personnes qui se présentent au Centre expert des dépressions qui ne répondent pas aux antidépresseurs ont des consommations d’anxiolytiques très importantes, et au long cours, ce sont des médicaments qui vont avoir des effets qui favorisent l’entretien de la dépression sur le long terme. Il faut vraiment les garder pour des courtes durées pour passer le cap. ».


PRENDRE OU NE PAS PRENDRE D’ANTIDEPRESSEUR LORS D’UN BURN-OUT ?

Lorsque je me suis retrouvée en arrêt de travail pour épuisement professionnel, je me suis posée la question. Mon arrêt avait été assorti de l’injonction « prenez soin de vous » et d’une prescription d’antidépresseur.

J’avais presque peur de toucher l’ordonnance. Comme si le simple fait d’y apposer mes doigts allait me transporter dans un abîme de dépendance et une vie apathique : la vie d’une personne en dépression. Prendre des antidépresseurs fait peur. Pourtant parfois nous en avons besoin.

Quand les antidépresseurs nous sortent de la spirale de la dépression

Le témoignage de Jeanne qui a suivi le programme Rêv’Ailes-Toi :

« Au final, je suis contente d’avoir choisi de prendre ces anti-dépresseurs que me prescrivait mon médecin. Pendant longtemps je les avais refusés, par peur de devenir dépendante ou de ne pas réussir à régler les problèmes professionnels que je rencontrais ; pour des raisons écologiques aussi : je ne voulais de toutes ces molécules chimiques. Mais après une rechute, j’ai accepté que peut-être c’était ce dont j’avais besoin à ce moment-là.

Cela m’a permis d’être plus légère, moins dans le mental, de mieux dormir aussi. J’ai retrouvé ma joie intérieure. Mes peurs se sont comme « levées » et j’ai enfin pu lâcher prise. En parallèle, j’ai poursuivi l’accompagnement avec ma psychologue et cela ne m’a finalement pas empêchée d’aborder ce qui était douloureux.

Au bout de quelques mois, j’allais déjà mieux et j’ai commencé à diminuer les doses, progressivement avec l’accompagnement de mon médecin. Au total, j’en ai pris pendant 9 mois. J’ai eu quelques effets secondaires, c’est vrai : j’ai pris du poids, mes émotions étaient parfois comme anesthésiées. Mais j’avais besoin de cette béquille.

Depuis que j’ai arrêté les antidépresseurs, je me suis reconnectée à mon essence et à mes émotions. C’est un vrai festival de créativité et d’envies en moi ! J’arrive à écouter mes émotions négatives et à en tirer des messages pour avancer ; alors qu’avant j’étais en résistance et je n’arrivais pas à les accueillir ».

Choisir de ne pas prendre d’antidépresseur

Mon témoignage :

Pour ma part je tenais à sentir cette douleur, à ressentir quand j’étais bien et quand j’étais mal. Le burn-out nous invite à un changement profond dans notre vie. Comment pouvais-je savoir ce que je devais changer si je ne sentais plus rien ? Ressentir la douleur, la colère, la tristesse me permettait d’analyser ce qui me faisait me sentir mal et d’identifier les causes de mon mal-être. Chaque cauchemar, chaque douleur de mon corps m’apportait une réponse aux questions que je me posais et ainsi j’avançais dans la résolution de mon épuisement. Mais au contraire de Jeanne, lâcher prise et accepter étaient possible pour moi sans aide médicamenteuse.

Burn-out : gare a l’effet édredon des antidépresseurs

Il faut bien garder à l’esprit que l’antidépresseur, s’il fait disparaitre le symptôme, ne règle en rien la cause du burn-out. C’est ce que précise le psychiatre Guillaume Fond dans l’émission Grand Bien Vous Fasse : « Quand on prescrit un antidépresseur à une personne qui est soumis quotidiennement à un harcèlement moral par son chef au travail, l’antidépresseur va améliorer certains symptômes, mais ne vas pas résoudre le problème de la personne dans sa situation. ». C’est pourquoi, dans le cas du burn-out, il est essentiel de prendre le temps d’identifier les causes liées à l’environnement de travail et celles liées à l’individu pour y trouver des solutions, ce que ne pourra pas faire un médicament.

Oui l’effet de « mise à distance » des antidépresseurs qui permet de sentir mieux quand on est dans une souffrance intense a aussi pour impact de lisser les émotions et les ressentis. Or cet « effet édredon » peut amener le patient à « accepter des situations inacceptables », explique David Gourion, psychiatre et auteur du livre « Guérir nos âmes blessées » dans l’émission radio.


ANTIDEPRESSEURS : UNE EFFICACITE VARIABLE EN FONCTION DES PERSONNES

Marina Carrère d’Encause explique quant à elle que « On a constaté que l’efficacité [des antidépresseurs] était beaucoup moins importante que ce qu’on pensait depuis 30 ans. Ce que l’on sait en revanche aujourd’hui, c’est que pour des dépressions graves avec un risque suicidaire, les antidépresseurs marchent bien, même s’il y a des effets secondaires. Ils permettent de sauver des patients. ». Selon les experts de cette émission 15% des patients répondraient très bien et verraient leurs symptômes disparaitre alors que les autres auraient effets bénéfiques modérés à inexistants.

Les effets indésirables des antidépresseurs

Quelques rares patients dénoncent des effets secondaires graves tels que le risque de passage à l’acte violent, le suicide, la perte de libido et l’anhédonie (absence de plaisir dans la vie).

Le problème de la dépendance serait en revanche lié aux anxiolytiques et non aux antidépresseurs.

Quelles autres méthodes face à l’état dépressif que les antidépresseurs ?

Dans l’émission, David Gourion, recommande les thérapies comportementales cognitives face aux l’états dépressifs modérés, mais aussi d’autres outils comme la méditation pleine conscience qui ferait parti des TCC de 3ème génération. Pour Guillaume Fond, l’alimentation méditerranéenne, l’activité physique et le sommeil amélioreraient les symptômes de dépression.

–> Cliquez ici pour lire les articles présentant les pratiques qui font du bien pour remonter la pente du burn-out.


CONCLUSION

Il n’y a donc pas de réponse simple : pour ou contre les antidépresseurs. De nombreuses personnes que j’ai accompagnées ont eu recours à cette béquille que sont les antidépresseurs et me disent qu’elle a été indispensable pour eux et qu’ils referaient ce choix si c’était nécessaire. D’autres ont fait le choix de ne pas y avoir recours et ont trouvé une issue favorable sans. Il vous appartient donc, à vous, avec l’aide de votre médecin d’évaluer ce choix. Chaque individu vit le burn-out différemment. Chaque individu réagit différemment à ces molécules. Dans tous les cas  ne laissez pas vos peurs choisir à votre place et prenez le temps d’identifier ce qui motive votre choix et ses conséquences.

Et vous racontez-nous votre histoire en commentaires de cet article : Avez-vous eu recours aux antidépresseurs ? 

Crédit photo : Pixabay

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12 Commentaires

  1. Stan B

    Merci pour cet article. Le sujet est intéressant et bien traité, car répondre oui ou non a cette réponse est impossible. Ces médicaments sont parfois nécessaires pour passer un cap. Les conseils du médecin et une écoute médecin patient sont indispensables pour faire le bon choix. Eclairage intéressant aussi sur les limites de ces médicaments qui ne sont pas le remède unique.

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    • Astrid LE FUR

      Merci beaucoup Stan pour ce retour

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  2. Marlène

    Bonjour Astrid, je me retrouve beaucoup dans le témoignage de Jeanne. Moi non plus, je ne voulais pas de ces pilules par peur de devenir dépendante et dépressive pour toujours. Mais j’étais tellement mal que finalement, j’ai accepté l’ordonnance. J’en ai pris seulement pendant 4 mois, histoire de me remettre d’applomb. Et je ne regrette pas mon choix finalement ! Je pense que ça m’a permis de rebondir beaucoup plus vite que si j’avais laissé « traîner » en voulant me soigner moi-même. J’ai repris goût au yoga et à la méditation que le burnout m’avait fait abandonner. Je suis persuadée que ça a joué un immense rôle dans ma guérison !

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    • Astrid LE FUR

      Merci beaucoup Marlène pour votre témoignage qui aidera les personnes qui se questionnent aujourd’hui

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  3. Karine

    Bonjour Astrid, dans mon cas, quand j’ai ouvert les yeux sur le fait que j’étais probablement en burn-out et que j’en ai parlé au travail, une colère impossible à contenir est survenue avec des moments d’apathie totale. Mon médecin m’a prescrit des médicaments (Duloxétine et Alprazolam) à faibles doses pour réguler les émotions qui étaient très éprouvantes. Il a légèrement modulé les doses au bout d’un mois ou deux et j’en prends encore aujourd’hui. Cela va faire 6 mois et nous allons pouvoir commencer à les diminuer. Je ne veux surtout pas en prendre trop longtemps. Par contre, cette prise médicamenteuse a toujours été accompagnée de dialogue avec mon médecin et de ses encouragements à suivre et poursuivre une thérapie. J’ai hâte de pouvoir m’en passer mais je pense que cela m’a été très utile dans la première phase, quand j’ai ouvert les yeux ou que je suis enfin sortie du déni… Merci pour votre article. Karine

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    • Astrid LE FUR

      Merci beaucoup Karine pour votre témoignage. Je suis de tout cœur avec vous dans la poursuite de votre chemin vers votre nouvelle vie, après le burn-out ;-). Bravo pour les étapes que vous avez déjà accomplies

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  4. Jean François

    Bonjour Astrid,

    De mon côté, je n’ai pris aucun anti dépresseur. Je me suis laisser vivre les émotions qui me traversaient. Mais d’un autre côté par contre, j’ai pris des anxyolitiques à faible dose et j’en prends encore maintenant quand je sais que je vais me retrouver face à une situation où des personnes qui vont générer chez moi un stress énorme. Autrement, je sais que je vais prendre une à plusieurs journées pour m’en remettre.

    Maintenant, je prends cette béquille une fois tous les 10 jours, mais j’en ai encore besoin, 4 ans après.

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    • Astrid LE FUR

      Merci beaucoup Jean François pour votre partage

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  5. Éloïse

    En effet, est ce bien ou non de prendre des antidépresseurs ou des anxiolytiques? Chaque situation est unique, tout comme chaque être humain. Pour ma part j ai pris des anxiolytiques durant 7 semaines et même si je reconnais en avoir eu fortement besoin au début(malgré une peur bleue de commencer avec tout ça) j ai vite compris que dans mon cas (anxiété due à un choc familiale et lourd secret à porter donc culpabilité pesante voire insupportable) les anxiolytiques n étaient que des pansements mais que c’était à moi d avancer, de m aguerrir ( et non de m endurcir) donc j ai rapidement baissé les doses par pallier (c’est important) et je me suis sentie mieux, je me suis sentie revivre. Concernant les AD je les ai arrêté car cauchemars toutes les nuits, et je ruminais encore plus la journée apres les lauvaises nuits. Mais Chaque cas est unique et les médicaments peuvent être une béquille. L important étant d être accompagné/e d etre en phase avec ce qu on veut. Dans mon cas la sophro me permet d avancer bien plus que les médicaments ou je commençais après 7 semaines à me sentir comme anesthésie d émotions tout en continuant à énormément culpabiliser de porter un lourd secret. J ai toujours une boule d angoisse par moment dans la gorge et le cœur qui se leve mais j accepte mes émotions, nous avons le droit d être vulnérable. Courage. Je pense que l important est de mettre des mots sur nos maux ❤

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    • Astrid LE FUR

      Merci Eloïse pour votre témoignage

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  6. Siney

    Bonjour à tous,
    Je suis en burn out depuis début juillet arrêté deux mois jallais beaucoup mieux et j’ai repris le travail avec des changements dans lorganisation, je travaille de chez moi et aiu des rdv mais ne vais pas beaucoup au bureau
    Je suis entrain de retomber car je dors plus du tout, jai commencé un traitement antidepresseur pour dormlr, mais je ne dormais déjà pas déjà avant tout ca ou trèes mal la plus du tout
    Les anxiolityques aident bcp sur langoisse mais pas le sommeil
    Je ne sais pas quoi faire
    Merci pour votre aide

    Réponse
    • Astrid LE FUR

      Bonjour Sinay
      Nous sommes de cœur avec vous dans cette traversée difficile.
      Nous ne pouvons malheureusement pas donner de conseil médical puisque nous diffusons uniquement de l information.
      Un médecin ou psychiatre peut vous aider à trouver la meilleure solution médicamenteuse.
      Vous pouvez aussi vous tourner en parallel vers d autres types de thérapies comme l hypnose la sophrologie et tester les conseils habituels pour gagner en qualité de sommeil (marche en nature, alimentation, sports, méditation, éviction des écrans, etc)
      N hésitez pas à faire part aux lecteurs des ressources qui auront fonctionné pour vous

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