Rebondir après un cancer – Témoignage de Sophie

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Sophie a 43 ans. C’est une maman de 4 enfants de 10, 16, 18 et 19 ans. Aujourd’hui, elle est coach, auteure et photographe. Il y a 5 ans, elle s’est sentie sans force, et avait du mal à prendre sa respiration. Elle a dû alors soudainement faire face à un « cancer ». Un cancer, me direz-vous, mais cela n’a rien à voir avec le sujet de ce blog ! C’est vrai, il ne faut pas tout confondre. Pourtant, vous allez le voir, étrangement, son histoire ressemble à celle d’un “burnouté”. Et surtout, ce qui m’a inspiré dans son histoire, c’est le message qu’elle laisse transparaître ou plutôt trans-pirer à travers ses mots. Voici son message, écrit de ses mains.


PTB : Bonjour Sophie, peux-tu nous raconter ce qui t’es arrivé ?

Bonjour Astrid. Mon corps et un cancer m’ont, à un moment donné, projetée au bord de la falaise. Alors j’ai saisi cette chance de renouveler mon choix pour la vie.

« Chaque respiration, chaque souffle long ou court devient un miracle. La vie est une succession de notes positives ou plus sombres, des croches, des blanches et même des silences. »

Voici mon histoire…..

“JE ME SENTAIS TRES FATIGUEE”

Je me sentais très fatiguée dans mon corps. Je pensais qu’il était normal d’être fatiguée quand on est une maman de 4 enfants. Je m’inscrivais donc dans cette normalité et cessais de me questionner au sujet de ma fatigue.

J’étais tout de même fatiguée au point où, un jour, je ne réussissais presque plus à monter les 4 marches qui menaient à ma chambre. La chambre était en mezzanine, il s’agissait réellement de 4 marches.

Puis, un après-midi de juillet 2013, pour une fois, j’étais seule à la maison. A ce moment-là, mes enfants étaient des bambins magnifiques de 4 ans et demi, 10 ans, 12 et 13 ans. Ils étaient tous sortis. J’avais deux heures pour souffler un peu.

Je me vois encore m’assoir à la table boire un verre d’eau. J’ai toujours eu une vie saine, de l’eau, des fruits, des légumes, pas de cigarette, et pour les fêtes du Perrier, et oui, je suis heureuse avec un Perrier-rondelle… Bref, en buvant mon verre d’eau, je sens bien cet essoufflement, et cette pensée m’arrive : « Puisque je suis seule, tout de suite, je vais m’offrir le luxe d’aller me faire faire un masque de Ventoline au centre médical d’urgence, j’ai sans doute un peu d’asthme avec cette chaleur et cette pollution ». Entendez-bien, ce qui pourrait sembler une nécessité, j’ai considéré cela comme un loisir et même un luxe, au même titre que si je choisissais d’aller m’offrir un soin chez une esthéticienne par exemple.

Puis je me suis étonnée que le médecin me prenne au sérieux. J’ai eu le droit à une injection, mon masque de Ventoline que j’avais demandé avec ferveur et aussi une prise de sang.

“COMME UNE BALLE EN PLEIN CORPS”

De là, je me suis retrouvée, le lendemain midi, en face d’un urologue qui m’a annoncé la nouvelle. Cette balle en plein corps, que j’ai pris soin de fabriquer par moi-même, il me fallait me la faire enlever. J’avais une tumeur de 7 centimètres au rein gauche, bien au milieu de mon corps, accrochée à la veine-cave également. Heureusement, dans mon ignorance (et mon innocence), je n’ai pas mesuré tout et n’ai pas tout réalisé non plus. J’ai fini par comprendre que c’était du sérieux et que je pourrais bien quitter cette vie.

Et là, deux pensées me sont venues. Tout d’abord, j’ai regardé mes enfants, près de moi, je voulais continuer à les accompagner dans leur chemin de vie, c’était une évidence. Et puis, je me suis souvenue immédiatement de cette publicité pour l’Arc. Cette publicité que j’avais vue sur mon chemin plusieurs années auparavant. Sur cette image, une petite fille disait : « Bientôt, on vous dira, c’est juste un cancer, ce n’est pas grave. ». Cette phrase est arrivée immédiatement et ne m’a pas quittée. Voilà c’est la pensée qui m’a sauvée.

“CHOISIR DE CONTINUER A VIVRE”

C’était comme une lumière intérieure. Une lumière vivante qui m’a soufflé de choisir de continuer à vivre.

J’ai suivi cet instinct de survie. Et j’ai choisi de me faire opérer non pas par l’urologue qui m’avais reçue et m’avait parlée de cette tumeur cancéreuse, mais à Paris où je me sentais plus en confiance. Je me suis faite opérer le 19 août.

“LA VIE REPREND”

Puis, mes 4 enfants ainsi que mon entourage, m’ont re-projetée dans le tourbillon de la vie. J’ai accepté entièrement cela, sans trop me reposer. Avais-je le choix ? Ma boule, envolée, à l’extérieur de mon corps, j’étais sur pied pour la rentrée scolaire, le 2 septembre ! J’ai pensé rapidement que j’allais vivre ma vie telle que l’entendais. Que mes peurs s’étaient envolées. Je sentais une force intérieure plus forte.

Alors je me suis surinvestie dans la vie avec mes enfants que j’adore. J’ai choisi d’accueillir des jeunes au-pair du monde entier. Cet accueil de l’autre m’a maintenue vivante. Ce sera une expérience très positive et enrichissante. Quelques mois après l’opération, j’ai organisé un grand voyage familial, du sud du Mexique jusqu’au Pacifique. J’avais besoin de sentir la vie.

“SOIGNER SON ESPRIT”

Ensuite, la vie, petit à petit, a repris un chemin plus normal. Et tout doucement, il y a eu un peu moins d’intensité à l’intérieur de moi. Environ trois années ont passées. Jusqu’au jour où, j’ai eu un flash. Une nouvelle pensée m’était arrivée :

« Sophie, tu t’es soignée physiquement mais tu es toujours enfouie à l’intérieur de toi, il est temps de soigner ton esprit si tu souhaites maintenir ton corps vivant. »

A cet appel, j’ai répondu OUI ! Et cela a été le début d’un enchaînement, des rencontres. Une amie m’a invitée et tirée jusqu’au centre Ressources qui accompagne les personnes touchées par le cancer. J’ai osé pousser la porte. Moi qui n’osais pas prendre ma place, je ne voulais jamais déranger. Etant guérie physiquement et n’ayant pas eu de traitement chimique, je ne pensais pas « avoir le droit » de bénéficier de cette structure. Bref, mon amie, a insisté. Elle avait un cancer du sein et le centre l’aidait beaucoup.

J’y ai été si bien accueillie. C’était en novembre 2016, 3 ans après mon opération. Et là j’ai fait le premier pas, sans mesurer ce qui m’attendais. J’ai commencé avec un rendez-vous avec la psychothérapeute. Puis j’ai enchaîné avec le kinésiologue, la reprise de la danse classique, le tai-chi, la piscine, le yoga du rire, l’hypnothérapie, la méditation, le reiki, l’art-thérapie, etc. J’étais en recherche. J’ai pris conscience que celle que j’étais, était bien enfouie à l’intérieur de moi. Et j’ai souhaité la retrouver.

En parallèle, j’ai enchaîné les formations de développement personnel sur internet, et la lecture. J’étais à l’affût de moi-même et surtout à l’affût de ma liberté intérieure.


PTB : Ton histoire ressemble beaucoup à celle d’un burn out, qu’en penses-tu ?

Dans « Burn-out », j’entends « burn » et « out ». « Burn » c’est brûler. « out », c’est en-dehors. « Burn-out », ne serait-ce pas alors « se laisser brûler » ?

Pour répondre, à la question, mon expérience ressemble-t ’elle à celle d’un burn-out ? Je pense que c’est l’idée de dépasser ses propres limites. De se retrouver un jour à terre. Et donc de s’être laissée brûlée.

“DES PETITS BURN OUTS, J’EN AI EU PLUSIEURS”

En écrivant cela, je pense que, des petits burn out, j’en ai eu plusieurs. J’ai connu la migraine, celle qui te met KO, te fait oublier le temps, te met dans le noir une journée, deux jours, trois, parfois dix, sans que tu n’aies plus la notion du temps. La migraine qui met ton corps en « pause », down, stop, tu es là mais tu n’es plus là.

“JE N’AI PAS ECOUTE MES LIMITES”

Bref, pour revenir à la question, j’étais extrêmement fatiguée et je n’ai pas écouté cette fatigue. Que signifiait-elle ? Et plus que la fatigue physique, c’est la fatigue de l’esprit.

J’obéissais constamment à mon entourage, je répondais parfaitement aux exigences que la société attendait de moi. Je m’étais inscrite à une place, celle d’épouse, de mère. Et je ne sortais pas de ce cadre, au point de m’oublier moi-même.

NB : Pour aller plus loin, lisez l’article savoir prendre sa place

Aussi, je répondais à mes peurs. J’étais finalement dans une énergie assez basse. Je me sentais esclave de ma vie et des personnes qui m’entouraient, de ma famille. J’étais enfermée dans mes peurs. J’avais peur de blesser les autres. Je préférais me blesser moi-même pour laisser la place à l’autre.

Avec du recul, je sais que je connaissais mes désirs profonds. Je savais que cette vie ne me correspondait pas totalement.

J’étais seule. Mon mari travaillait beaucoup, la semaine. J’assurais tout. Mes enfants, j’avais à cœur de bien les élever. L’éducation me passionne. Mais, je ne demandais d’aide à personne. Comme si j’acceptais de compter seulement sur moi-même.

NB : Pour aller plus loin, lisez les articles trentenaires génération burn out et 7 astuces anti-burn out pour parents épuisés

Et aussi, je m’attachais peu d’importance. Mon estime de moi-même était basse. Ces deux dernières années, j’ai entrepris un gros travail, tant par le corps que l’esprit, qui m’a appris à m’aimer et à me libérer de mes peurs.

“MA MALADIE A ETE INVISIBLE AUX AUTRES”

Un autre point important est que ma maladie a été invisible. Je pense que c’est un point commun avec le burn-out. J’ai souvent dit que si je m’étais cassée une jambe, j’aurais eu plus de repos. Et si j’avais travaillé en entreprise à ce moment-là, j’aurais eu un arrêt maladie.

Je comprends aujourd’hui que la clef de ma survie a été ma volonté de me soigner seule. A l’hôpital, j’ai souhaité y aller seule. J’ai suivi mon instinct et n’ai laissé personne décider à ma place.

Je crois que cette « balle » m’a donné rendez-vous avec moi-même. Et c’est une clé, celle de ne plus se laisser dépasser par la volonté des autres.

Je me souviens d’un au-pair originaire d’Amérique du Sud qui m’a dit que la première chose qui l’avait choqué, à son arrivée, était notre niveau de stress. Écoutez-bien : Il a été choqué par le stress de notre enfant qui avait cinq ou six ans, et qui avait déjà la peur d’arriver en retard à l’école. Voilà !


PTB : Comment as-tu fait pour te relever de cette épreuve ?

Pour me relever de cette épreuve, j’ai travaillé sur moi. J’ai beaucoup travaillé. Comme écrit plus haut, j’ai cherché à me retrouver et à me recentrer sur moi.

1- Première étape : J’ai soigné mon corps.

2- Deuxième étape : J’ai soigné mon esprit.

J’ai pratiqué le reiki, la danse classique, la natation, le tai-chi, la psychothérapie, la kinésiologie, l’art, la peinture, le modelage sur argile. En même temps, j’ai étudié le développement personnel, lu, lu et lu, médité… Puis j’ai retrouvé la joie, ma nature profonde. J’ai ri, dansé et toujours dansé. Je suis sortie avec mes amis, rencontré, partagé….

NB : Pour aller plus loin, lisez l’article sur les astuces anti-stress avec le nerf vague

3- Troisième étape : J’ai écouté des affirmations positives et travaillé sur les croyances limitantes.

J’ai changé mes mots, pour n’utiliser que des mots positifs. Tous les jours, j’ai reprogrammé mon cerveau en lui transmettant des émotions positives. J’ai appris à être douce avec moi-même. J’ai médité, beaucoup. J’ai écouté ma créativité et l’ai laissé s’exprimer. J’ai pratiqué la visualisation par le dessin et l’écriture.

4- Quatrième étape : Des étapes précédentes, j’ai développé la pleine confiance en moi.

J’ai continué à laisser ma créativité s’exprimer. De cette confiance et de cette créativité ont découlé la naissance de trois projets : un projet d’écriture, un projet de photographie, et le développement d’un site de coaching (pour en savoir plus, rendez-vous à la fin de cet article).

5- Cinquième étape : La vie est un miracle de chaque instant

La confiance se renouvelle à chaque souffle. Je continue à lire, méditer… à développer mes projets avec mon cœur et à faire ce que j’aime.

“PAR DESSUS TOUT, J’AI TOUJOURS CRU EN LA LUMIERE”

Et par-dessus tout, au cours de toutes ces étapes, j’ai toujours cru, toujours cru en la lumière. Le travail sur moi-même et la remise en cause de mon esprit, de ma vie dans sa globalité a peut-être été l’étape la plus longue, la plus déstabilisante. Et même dans les périodes d’ombre les plus sombres, toujours, toujours, j’apercevais un brin de lumière et je me suis toujours attachée à cette lumière. Toujours je m’appuyais sur cette lumière et je croyais en la vie que je souhaitais. Et j’ai pris soin de cultiver la bienveillance et d’éloigner la méchanceté, la rancune et la jalousie car cela n’apporte rien.

Et je peux dire qu’aujourd’hui, cette mise au pied du mur de mon corps a été une chance immense, la chance de ma vie. J’ai le sentiment d’avoir vécu une deuxième naissance, et l’opportunité d’apprendre à me connaitre et à vivre en cohérence avec celle que je suis. D’une certaine manière, j’ai reprogrammé mon cerveau sur des vibrations positives et en éliminant des croyances « ancestrales ».


PTB : Qu’est-ce qui a changé dans ta vie maintenant ?

Tout a changé et rien n’a changé ! Finalement, je suis toujours la même, mon essence est la même, exactement la même. Et pourtant, ma vie s’est littéralement transformée. Cette transformation de ma vie n’est peut-être pas visible pour mon entourage. Mais vu de mon intérieur, je sais que ma vie a changé et je me sens libre. C’est ça, j’ai repris ma liberté.

Pas la liberté de choisir mais la liberté d’assumer ses choix et celle que je suis.


PTB : Quel message souhaiterais-tu partager aujourd’hui à nos lecteurs ?

Si je suis un miracle, vous aussi !

Tout est possible. Nous avons TOUS un potentiel immense à l’intérieur de nous. Développez vos talents. Ne vous laissez pas gouverner par les autres. Soyez maîtres de vous-mêmes. Et en même temps soyez dans la bienveillance, la bienveillance envers vous. Soyez gentil et doux avec vous-même. Respectez les autres comme vous vous respectez.

Ecoutez votre corps ! Et gardez votre lumière.


CONCLUSION

Pour en savoir plus sur Sophie :

Pour lire un d’autres articles sur la résilience :

Et vous, que vous a inspiré ce témoignage ? Comment va-t-il vous permettre à vous de rebondir face aux épreuves que vous avez traversées ? N’hésitez pas à nous le partager dans les commentaires de cet article.

Vous avez aimé ? Alors laissez un message, likez, partagez de façon à ce que d’autres puissent découvrir ce blog et peut-être avancer un peu plus sur leur chemin.

photo : Pixabay : HeteroSapiens

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1 réflexion sur « Rebondir après un cancer – Témoignage de Sophie »

  1. Merci de votre témoignage
    Bravo pour avoir accepte de prendre ce chemin qui ouvre l’espace de tous les possibles.
    Bravo pour ce saut dans l’inconnu – connu, dans l’acceptation de la vie qui émerge au fond de soi et ne demande qu’a grandir.
    Bravo d’accepter la libération des peurs, des obstacles, pour vous ouvrir a la vie qui vous appelle.
    Krishnamurti nous invite a nous libérer du connu, a écouter notre corps, notre esprit, notre enfant intérieur qui demande a vivre et a s’exprimer, pouvoir .. et se réaliser.
    Merci de cette rencontre, merci a Colette qui vous a invité.
    Bravo pour l’éducation et le gout de la vie que vous avez transmis a vos filles.
    * Une question que vous n’évoquez pas : comment votre couple a su évoluer avec votre transformation, car ce chemin est souvent l’écueil des couples qui ne savent évoluer et s’aimer dans la transmutation des êtres.
    Bien cordialement
    Jean Christian

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